Les Suisses redoutent l’aventure. Ils tiennent au Conseil fédéral actuel avec l’élue du minuscule PBD, Eveline Widmer-Schlumpf. Ils souhaitent le moins de changements possible. A défaut, le retour à l’ancienne «formule magique», avec les représentants des grands partis en fonction de leur force. C’est ce que montre le sondage de gfs.berne sur la popularité des conseillers fédéraux, réalisé avant l’annonce du retrait de Micheline Calmy-Rey. A la question «comment à votre avis devrait se composer le Conseil fédéral après les élections», 28% des personnes interrogées ont répondu «comme maintenant», soit avec deux représentants du PS, deux du PLR, un UDC, un PDC, et une élue du PBD. Il y a une grande réticence à évincer Eveline Widmer-Schlumpf.

En revanche, 14% des personnes sondées estiment qu’il faut en revenir à un Conseil fédéral «classique» où les trois grands partis (UDC, PS, PLR) auraient chacun deux sièges et le plus petit (PDC) un seul. Mais l’idée d’élire un Vert au Conseil fédéral fait son chemin, et 10% des sondés, en fait l’électorat écologiste, pensent que le PLR devrait céder l’un de ses sièges aux Verts. Par contre, les expériences du type «coalition gauche et centre droit», sans l’UDC mais avec les Verts, ne recueille que 10% d’approbation; une coalition de droite, sans le PS, n’a que 7% de supporters.

Trois quarts des Suisses souhaitent la réélection de Doris Leuthard, la plus populaire des ministres, et 70% celle de Simonetta Sommaruga. Didier Burkhalter (69%) fait la preuve que l’on peut être populaire sans grand bruit. Le côté «bûcheur silencieux» du ministre de la Santé et des affaires sociales plaît aux Suisses.

Eveline Widmer-Schlumpf, ministre des Finances respectée, vient juste derrière avec 65% d’opinions favorables. Ce qui explique le fait que les Suisses, à l’exception des électeurs de l’UDC, souhaitent maintenir la composition actuelle du Conseil fédéral. Ueli Maurer et Johann Schneider-Ammann sont à la peine. Ils passent mal en Suisse romande. Johann Schneider-Ammann a souffert de ses hésitations et de sa lenteur à intervenir dans la crise monétaire. Avec 51% d’opinions favorables, Micheline Calmy-Rey passerait tout juste la rampe.