Le «pornogate» jurassien a coûté leur place de travail à six des quelque 1600 personnes qui sont engagées par le canton. Trois ont démissionné ou sont partis en retraite lorsque l’affaire a éclaté, début mars : le procureur général Yves Maître, le juge cantonal Pierre Boinay et le vice-chancelier et secrétaire du parlement Jean-Claude Montavon.

Ce lundi, le président du gouvernement, Michel Probst, en dévoilant les conclusions de l’enquête, annonce que trois autres fonctionnaires poursuivis pour avoir surfé sur des sites pornographiques durant leur temps de travail « ont quitté ou vont quitter sous peu l’administration (…), ils risquaient le licenciement ».

Au total, le «pornogate» aura impliqué trente agents publics jurassiens. En plus des six départs, neuf agents publics sont sanctionnés financièrement, rétrogradés dans une classe de traitement inférieure. Cette mesure permet au canton, d’ici à fin 2010, de récupérer les 100 000 francs qu’à coûté l’enquête. Onze autres personnes reçoivent un blâme et une amende de 100 à 300 francs. Dans trois cas, qualifiés de « légers », le Conseil d’Etat renonce aux sanctions disciplinaires, l’un des fonctionnaires poursuivis étant même complètement blanchi.

Un cas non identifié

Le verdict comporte un gros point noir. Le cas « le plus grave », selon l’exécutif, n’a pas pu être identifié, car le système informatique MacIntosh de « ce » service (le Jura utilise en général des PC) ne permet pas de déterminer l’auteur des consultations. Trente postes de travail, en réseau, sont concernés. Le gouvernement ne cite pas le nom du service. Tout indique qu’il s’agit de celui de paléontologie.

Le rapport d’enquête précise que seules les consultations de sites pornographiques sont incriminées, conformément à la directive de 2001 fixant les modalités d’utilisation d’Internet. Celle-ci ne s’attaque pas aux consultations d’autres sites non-professionnels. Elle sera adaptée.

Le gouvernement jurassien a fixé une hiérarchie de la gravité dans la consultation des sites qualifiés d’illicites, bien qu’aucune dénonciation pénale ne soit intervenue : il s’est basé sur le nombre de « hits », c’est-à-dire de clics. L’affaire la moins grave fait état de 111 hits pour le mois de novembre 2008, jusqu’à 12 885 clics en un mois pour le cas le plus lourd. A 10 secondes par hit, cela représente 36 heures de consultations, près de 25% du temps de travail.