Voile à l’école, argument électoral

Valais Le PDC propose d’interdire le voile, l’UDC veut des «têtes nues»

Le PDC valaisan veut couper l’herbe sous le pied de l’UDC. Mardi matin, le parlement valaisan a accepté par 90 voix la motion proposée par deux PDC sur le port du voile à l’école.

Alors que l’UDC venait de lancer une initiative populaire «pour des têtes nues dans les écoles», le PDC dit viser une «solution pragmatique». «Sous prétexte d’une soi-disant «islamisation rampante» de notre société, des propositions dogmatiques nous amèneraient à bafouer les fondements de notre Etat de droit en permettant une atteinte massive et disproportionnée à l’une de nos libertés fondamentales, la liberté religieuse», critique-t-il dans sa motion. Quelques lignes plus loin, il admet pourtant: «Il n’est pas acceptable que le port du voile compromette l’intégration de l’enfant ou que ce symbole soit utilisé à des fins de provocation, de prosélytisme ou de propagande. Dans ces cas particuliers, des mesures doivent pouvoir être prises par les directions d’école, allant, en dernier ressort, jusqu’à une interdiction.»

«Brèches légales»

Pour le PDC valaisan, tout l’enjeu de cette motion est de montrer qu’il répond aux préoccupations de son électorat, largement courtisé par l’UDC, sans commettre les excès de son rival. En mars 2014, ce dernier avait déjà présenté une motion «pour des élèves têtes nues dans les écoles valaisannes», refusée par 63 voix contre 56. Le texte avait remporté l’adhésion d’une partie du PDC. La voie médiane proposée mardi remporte, elle, une large majorité. «Ce texte ne sert à rien», critique Jérôme Desmeules, coprésident de l’UDC Valais romand. «Le Tribunal fédéral a estimé dans un arrêt récent que sans base légale, un directeur d’école ne peut pas interdire le port du voile.» Reste que la motion PDC et l’initiative UDC demandent toutes deux à l’exécutif cantonal de proposer des bases législatives pour rendre cette interdiction possible. «Le problème de cette proposition, c’est qu’elle demande la possibilité d’interdire certains voiles mais pas tous. C’est la porte ouverte à des brèches légales et à une certaine discrimination. Alors que nous proposons des têtes nues dans les écoles, quels que soient les couvre-chefs», réplique Jérôme Desmeules.