Sur le front de la situation sanitaire, chaque jour amène son lot de nouvelles incertitudes. Voilà maintenant que la France rend obligatoire la présentation d’un test PCR négatif de moins de 72 heures pour entrer sur son territoire. Et ce, pour les Européens, Suisses compris, dès dimanche à minuit.

Faut-il en conclure qu’il ne sera plus possible pour les Suisses – Genevois, Jurassiens et Bâlois notamment – d’aller de l’autre côté de la frontière faire leurs courses ou visiter des proches? Pour l’heure, ce n’est pas encore totalement clair. Car Paris annonce aussi que le transport terrestre et les frontaliers sont exemptés de cette mesure.

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Des contrôles infaisables

Selon la presse française, les voyageurs des trains et les automobilistes ne seraient donc pas concernés. Car «les contrôles dans les gares et sur les routes sont jugés infaisables par les autorités», indique Franceinfo. Donc seuls seraient concernés les voyageurs par avions et par bateaux. Si c’est le cas, ce qui paraît le plus probable, la frontière française ne se refermera pas pour les Suisses. Mais mieux vaut sans doute attendre une information officielle pour en être sûr.

A cette heure, le secrétariat d’Etat aux Affaires européennes serait encore en train de discuter ce point qui sera clarifié dans le décret d’application de la mesure, samedi 23 janvier. A l’Office fédéral de la santé publique, on se refuse aussi à tirer des plans sur la comète avant d’en être tout à fait sûr. Ce qu’on sait en revanche, c’est que la Suisse n’impose pas la réciproque.

Notre suivi du jour sur le front du virus

Mauro Poggia s’emporte par anticipation

Cela n’empêche pas le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia, interrogé lors d’un point presse avec le conseiller fédéral Alain Berset, venu vendredi à Genève visiter les Hôpitaux universitaires genevois (HUG), de s’emporter par anticipation: «La question pour nous est d’avoir suffisamment de temps pour nous organiser, car même si les frontaliers sont exclus, il va falloir faire un tri pour traverser la frontière. Il est toujours délicat d’apprendre une nouvelle le vendredi pour le dimanche.» Si, selon toute vraisemblance, le transport terrestre devrait échapper à cette nouvelle contrainte, les décisions des uns et des autres donnent l’impression d’un cafouillage général qui ne fait qu’amplifier la grogne.