Fedpol

Portrait du djihadiste suisse moyen

A l’occasion de son inventaire 2018, Fedpol révèle quelques statistiques sur les «voyageurs du djihad» de Suisse. La police fédérale dévoile aussi la facilité de se procurer des produits explosifs dans le pays

Qui sont les djihadistes de Suisse partis faire la guerre en Syrie? Si les informations disponibles sur ces individus sont souvent peu fiables, la police fédérale a pu dégager quelques tendances au fil de ses investigations. Elle les révèle dans son rapport 2018. Portrait-robot.

Une étude en France: Les enfants sages du Djihad

Un homme d’une trentaine d’années au passé difficile

Les «voyageurs du djihad» de Suisse sont répartis de manière relativement homogène entre les différentes régions linguistiques helvétiques: environ deux tiers d’entre eux sont Alémaniques, plus d’un tiers sont Romands et un faible pourcentage est Suisse italien. Leur profil est avant tout masculin (plus de 80%), urbain et trentenaire (32 ans d’âge moyen). La moitié des individus analysés disposent en outre d’un passeport suisse, dont 50% sont double-nationaux. Environ deux tiers des djihadistes domiciliés en Suisse sont nés à l’étranger. C’est toutefois en Suisse que la plupart d’entre eux se sont radicalisés, indique Fedpol, qui ajoute que la «grande majorité» de ces derniers fréquentait une mosquée en Suisse. La plupart étaient musulmans d’origine.

Leur parcours de vie est souvent chaotique. La moitié des cas analysés ont vécu un «événement traumatique» durant leur vie (problèmes de santé, grave accident, guerre dans leur pays d’origine), et un tiers a un passé criminel (stupéfiants, violence conjugale, brigandage). Les deux tiers ont commencé un apprentissage ou une école spécialisée, la moitié sans aller au bout. Un cinquième d’entre eux n’a suivi que l’école obligatoire, sans toujours la terminer. Quelques-uns ont fréquenté l’université. Quel que soit leur niveau de formation, 50% des individus étudiés n’avaient ni emploi ni formation au moment de partir.

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Des produits en vente libre en Suisse

Dans le même rapport, Fedpol souligne que, contrairement à l’Union européenne qui a réglementé ces produits depuis 2014, la Suisse n’interdit pas la vente de substances permettant la fabrication d’explosifs présentes dans des produits du quotidien. Le peroxyde d’hydrogène, qui peut être utilisé comme agent de blanchiment, antiseptique, mais également pour la propulsion de fusées – ou pour fabriquer des bombes – est ainsi en vente libre dans les pharmacies helvétiques.

Or, dit Fedpol, le risque que des terroristes – suisses ou étrangers – profitent de cette faille est «réel». Conscient du problème, le Conseil fédéral devrait proposer une réforme législative au parlement cette année pour mieux réglementer la vente de ce type de produit.

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