L'expert conservateur

Le Schwytzois Bruno Frick s'étant désisté, c'est le nom de Philipp Staehelin qui revient le plus souvent comme possible candidat de l'aile conservatrice du Parti démocrate-chrétien. Très populaire dans son canton de Thurgovie (un bastion de l'Union démocratique du centre), il y est le premier démocrate-chrétien de l'histoire à avoir été élu au Conseil des Etats en 1999 – et ce avec le meilleur score. Partisan résolu d'une «revitalisation du fédéralisme», ce juriste est expert en finances publiques et en assurance maladie, terrain sur lequel il croise régulièrement le fer avec Ruth Dreifuss depuis des années. Son âge (56 ans) et le fait qu'il ait derrière lui l'essentiel de sa carrière politique – il fut conseiller d'Etat durant onze ans – n'en font pas un favori. D'autant plus qu'en tant que cofondateur du groupe «Valeurs et société» au sein du PDC, il n'a pas un profil rassembleur. Son élection serait un clair signal de glissement à droite.

S. Z.

Le jeune «président»

Conseiller national haut-valaisan de 38 ans, président de la commune viticole de Salquenen, avocat-notaire, marié, père de deux enfants, Jean-Michel Cina ne cache pas son intérêt pour la présidence du PDC mais, prudent, ne se déclare pas – pas encore? – candidat au poste. Bilingue de langue maternelle allemande, Jean-Michel Cina a été élu en 1999 au National. S'il devait accéder à la présidence du PDC, il quitterait vraisemblablement l'exécutif de Salquenen. «Conseiller national et président d'un parti, c'est un travail à plein temps», dit-il. Il regrette que l'annonce de la démission d'Adalbert Durrer intervienne le jour précédant la décision de la direction du PDC de lancer ou non un référendum contre le régime du délai (IVG). «Cela pourrait créer des interférences», note-t-il. Rapporteur du groupe PDC sur le régime du délai, officiellement favorable au référendum, il affirme qu'il ne conduira pas la campagne, si elle a lieu. Il aura besoin de toutes les voix pour se faire élire à la présidence, celles des femmes en particulier, moins enclines que les hommes du PDC à soutenir le référendum contre l'IVG.

A. M.

L'étoile montante

On commence à la voir partout. Les médias veulent une prise de position du PDC sur Swissair? Voyez avec Doris Leuthard. Ils cherchent la preuve que, contrairement à ce que l'on affirme, il y a des femmes démocrates-chrétiennes favorables au lancement d'un référendum contre la solution des délais? C'est encore Doris Leuthard qui leur répond. Cette Argovienne de 37 ans, mariée, est l'étoile montante du PDC. Avocate, engagée dans les domaines de la santé et de la formation, elle n'a pas une grande expérience politique mais s'est déjà profilée l'automne dernier en combattant les trois projets de taxes énergétiques. Elle parle un peu le français et dispose de solides appuis à l'intérieur du parti, notamment de son aile économique. Est-elle candidate? «Le PDC doit être dirigé par un team. Si l'on estime que je peux apporter quelque chose à ce team, je suis prête à y assumer des responsabilités. Mais je ne suis pas là depuis longtemps et j'ai besoin de sentir l'appui du groupe parlementaire», déclare-t-elle.

B. W.

Le courant social

Lucrezia Meier-Schatz est certainement la plus Suisse de tous les papables. D'origine grisonne, née au Locle il y a 49 ans, elle préside la section saint-galloise du PDC et siège au Conseil national depuis 1999. Elle parle couramment l'allemand, le français et l'anglais – elle a étudié les sciences politiques à Neuchâtel et à Berkeley – et a de bonnes connaissances d'italien et de romanche. Mariée, mère de deux enfants, secrétaire générale de Pro Familia depuis 1989, elle est spécialisée dans la politique familiale et siège au conseil d'administration de La Poste. Elle n'est pas très appréciée de l'aile conservatrice du PDC, qui la juge trop à gauche. Dans son canton, elle a dû faire face à quelques sérieux écueils: la montée de l'UDC, la non-élection de Rita Roos au Conseil fédéral et sa non-réélection au Conseil d'Etat saint-gallois, l'élection du chrétien-social Eugen David au détriment d'un conservateur au Conseil des Etats. Ces difficultés l'ont endurcie, mais elle ne se prononce pas encore sur une éventuelle candidature à la présidence.

B. W.