«Si les Genevois acceptent de donner des droits politiques aux étrangers, cela représenterait un signal d'ouverture fort vers les immigrés, surtout pour ceux qui participent à des activités communales mais dont l'opinion, aujourd'hui, ne compte pas.» Comme José Morais, assistant social à Caritas, les Portugais se sentent concernés par le vote du 4 mars: avec plus de 28 500 membres ils composent la principale communauté étrangère du canton.

«A Genève, on se sent presque comme au Portugal, il ne manque que le soleil toute l'année», commente Victor de Oliveira, un peintre en bâtiment domicilié depuis onze ans en Suisse. Arrivés en Suisse, depuis la fin des années 70, pour des raisons économiques, les Portugais ont réussi à constituer une communauté homogène, autonome: les restaurants lusitaniens sont si nombreux qu'on ne les compte plus; «Hora Lusitana» est l'émission de radio la plus écoutée de Radio Cité; L'église de Sainte-Clotilde, où se déroule la messe des Portugais, est toujours pleine. Quarante enseignants rémunérés par le Portugal dispensent aux enfants de la communauté un cours de langue et culture portugaises trois heures par semaine; même les partis politiques sont représentés. Mais les Portugais ne sont pas isolés. Ils sont très actifs au sein des clubs de sport et ils préparent même, avec l'association Aguarraz, la construction d'un centre de rencontres et d'échanges interculturel à Plan-les-Ouates, qui sera ouvert tant aux Portugais qu'aux Suisses.

«Nous sommes intéressés par la vie locale, raconte Manuel de Melo, membre du Conseil de la communauté portugaise. Les parents se préoccupent du parcours scolaire de leurs enfants. Beaucoup pensent rester à Genève et souhaitent s'exprimer sur le plan local.»