Les parlementaires français ont adopté mercredi un amendement au projet de loi Climat et résilience visant à durcir les atterrissages sauvages sur le Mont-Blanc. Il en coûtera désormais 150 000 euros et une peine d’une année de prison à ceux qui enfreindraient la loi. L’amendement avait été déposé par le sénateur de Saône-et-Loire Jérôme Durain, un passionné de montagne. «Nous sommes dans une période où les questions environnementales sont posées à tous. Ceux qui s’amusent à avoir des pratiques trop violemment provocatrices doivent être sanctionnés pour l’exemple», a-t-il déclaré sur France Info.

Plainte contre deux Suisses

Le parlementaire ciblait entre autres deux Suisses qui en juin 2019 ont posé leur aéronef à 400 mètres du sommet du Mont-Blanc, sur la face est, à 4450 mètres d’altitude précisément. Une zone ne faisant pas partie des altisurfaces répertoriées (zones d’atterrissage autorisées en montagne). Des gendarmes du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) avaient «cueilli» les deux individus qui se dirigeaient à pied en direction du sommet. Ils ont été priés de redécoller immédiatement. Le maire de Chamonix, Eric Fournier, avait porté plainte contre eux pour infraction caractérisée au code de l’environnement et à la législation attachée au site classé du massif du Mont-Blanc. Pour leur défense, les deux Suisses avaient évoqué «une zone répertoriée et autorisée par l’aviation civile française». L’aéroclub de Genève d’où provenait l’avion avait aussi démenti l’illégalité du lieu d’atterrissage. Les deux Suisses s’étaient vu infliger une amende de 38 euros par le Tribunal de Bonneville à cause d’un vide juridique. Patrice Guigon, le procureur de Bonneville, s’était alors référé à un arrêté préfectoral des années 1960 pour justifier de cette simple contravention de première classe, la moins chère.