Positions contrastées sur le diagnostic préimplantatoire

Mots d’ordre Divisé, le PDC soutient le dépistage des embryons avant implantation. Le PS laisse la liberté de vote

Les prises de position des cinq partis réunis en assemblée des délégués ce week-end ont réservé quelques surprises. Comme c’est souvent le cas pour les sujets liés à la vie humaine, le PDC est divisé à propos du diagnostic préimplantatoire (DPI). Cela explique pourquoi, samedi à Brugg (AG), il a voté à bulletins secrets. Par 120 voix contre 83 et 11 abstentions, il s’est prononcé en faveur de l’article constitutionnel soumis au verdict du peuple et des cantons les 14 juin.

Ce résultat n’allait pas de soi, car les instances du parti se sont montrées particulièrement torturées par le sujet. Au parlement, les députés démocrates-chrétiens avaient soutenu l’article constitutionnel par 7 voix contre 6 au Conseil des Etats mais l’avaient refusé par 16 voix contre 13 au Conseil national. La présidence du parti l’a rejeté par 6 voix contre 5 alors que le comité directeur l’a approuvé par 19 voix contre 12 et 4 abstentions.

Samedi, on pensait que le vibrant plaidoyer du conseiller national Christian Lohr (TG), né lourdement handicapé, contre le DPI allait l’emporter. «Je veux vivre et je vis heureux», a-t-il lancé. A sa collègue zurichoise Kathy Riklin, qui a défendu l’article constitutionnel en argumentant qu’il permet d’«éviter beaucoup de souffrance», il réplique: «Qu’est-ce qu’une souffrance? Qui a le droit de décider que quelqu’un souffre? Mon handicap n’est pas une souffrance. Et quel est le droit d’avoir un enfant sain? Qui définit ce droit? Est-ce un droit moral? Un droit politique?» Il précise que son handicap n’aurait pas pu être détecté par le DPI, qui concerne les parents devant recourir à la fécondation in vitro.

Les délégués se sont néanmoins exprimés en majorité en faveur du dépistage des embryons. Plusieurs femmes ont pris fait et cause pour ce projet, dont l’ancienne présidente du PDC genevois Béatrice Hirsch: «Je préfère qu’on fasse un examen sur une cellule plutôt que sur un fœtus de 12, 13 ou 14 semaines», a-t-elle plaidé.

Réunis au même moment à Berne, les délégués du Parti socialiste (PS) ont, eux, décidé de ne rien décider. Après un long débat, 89 voix ont rejeté le DPI et 86 l’ont soutenu, ce qui a conduit la direction du parti à décréter la liberté de vote. Le PLR, les Verts et le Parti bourgeois-démocratique recommandent le oui.

Non du PLR à la loi radio-TV

Une autre surprise est venue du PLR, réuni à Brigue. Par 136 voix contre 78, il a suivi le Bernois Christian Wasserfallen, qui s’est engagé avec conviction contre la révision de la loi sur la radio-télévision et l’adaptation de l’assiette de perception de la redevance. Il demande que l’on clarifie la notion de service public avant de se déterminer sur la redevance. Le PLR se range ainsi aux côtés de l’UDC, du Parti vert’libéral et de l’Union suisse des arts et métiers, dont le directeur libéral-radical Hans-Ulrich Bigler pilote la campagne du non.

Peu désireux de se déchirer avec sa conseillère fédérale Doris Leuthard, qui tient la télécommande de ce dossier, le PDC a soutenu la révision de la loi radio-TV par 186 voix contre 25.

Le PS dit également oui, par 149 voix contre 2 et 2 abstentions, et Christian Levrat a profité de l’occasion pour attribuer à Hans-Ulrich Bigler un Pinocchio d’or censé dénoncer les «mensonges» dont le directeur de l’USAM parsème sa campagne. Les Verts et le PBD soutiennent aussi la révision.

Le PDC, le PLR et le PBD rejettent les initiatives sur l’imposition des successions et les bourses alors que les Verts et le PS soutiennent ces deux projets.