Vaud 

Le possible retour du dissident UDC Claude-Alain Voiblet

Que soit élu(e) Cesla Amarelle ou Jacques Nicolet au Conseil d’Etat vaudois, leurs deux viennent-ensuite au Conseil national se tiennent prêts

«Voter Jacques Nicolet, c’est élire Claude-Alain Voiblet au Conseil national», cela les UDC vaudois le répètent et ne l’oublient pas. Il y a tout juste un an, sa section cantonale l’évinçait. En réaction, trois mois plus tard, il fondait son propre parti, celui des libéraux-conservateurs (PLC). Alice Glauser, qui avait deux voix de plus que lui, est montée au Conseil national au moment de l’élection de Guy Parmelin au Conseil fédéral; Claude-Alain Voiblet pourrait à son tour s’asseoir sous la coupole, sur le siège aujourd’hui occupé par Jacques Nicolet.

Notre portrait de Claude-Alain Voiblet datant du 30 mars 2016: L’indésirable

Il s’agirait alors pour l’ancien vice-président du parti suisse de se faire accepter par le groupe UDC au parlement, afin d’éviter de siéger en indépendant – ce qui ne lui permettrait ni de s’exprimer, ni de rejoindre une commission. «La perspective de voir notre siège lui revenir ne nous réjouit évidemment pas», exprime le secrétaire général de l’UDC Vaud Kevin Grangier. «Mais le congrès en était clairement conscient en désignant Jacques Nicolet comme candidat. Il était prêt à sacrifier l’un de nos quatre sièges à Berne pour regagner notre place à l’exécutif cantonal.»

Claude-Alain Voiblet rit de ce scénario qui, pour lui, a tout d’une fantaisie: «Jacques Nicolet ne sera pas élu au Conseil d’Etat. Il a de sérieux handicaps et face à lui, de vrais politiciens, structurés dans leurs discours.»

L’ancien syndic de Lausanne Daniel Brélaz voit le tableau différemment. «L’un des enjeux de ce premier tour sera de découvrir qui à Lausanne se ralliera au dissident Claude-Alain Voiblet et qui se rangera derrière l’UDC Jean-Luc Chollet, tous deux candidats au Grand Conseil vaudois», relève-t-il. «Dans l’immédiat, c’est cette question-là qui m’intéresse.»

Chez les socialistes aussi on s’intéresse à la relève, qui, de ce côté-là, est moins problématique. «Le départ de Cesla Amarelle nous ferait perdre une spécialiste du droit des étrangers», regrette le conseiller national Roger Nordmann. «Mais son vienne-ensuite, Samuel Bendahan, un économiste multilingue serait un atout majeur pour notre groupe.» Chargé de cours à l’EPFL, Samuel Bendahan s’intéresse aux thématiques économiques et financières sur lesquelles les socialistes sont peu présents.

Moins réjoui, Kevin Grangier en profite pour nous glisser ce qu’il en pense. «Samuel Bendahan incarne une gauche dogmatique. Il a le même profil hautain et donneur de leçon que Cesla Amarelle. De toute façon, les socialistes vaudois ne produisent plus que des gens comme cela», juge-t-il.

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