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49 des 127 bureaux de poste vaudois pourraient disparaître d’ici à 2020, soit plus d’un tiers.
© Keystone/Jean-Christophe Bott

Emploi

La Poste démantèle ses offices postaux

La restructuration du réseau postal continue. Une semaine après Neuchâtel, c’est Vaud et le Jura qui sont touchés

Le temps pas si ancien où chaque commune comptait son bureau postal est bien révolu. La Poste l’a confirmé mercredi. Le géant jaune annonçait la restructuration de ses offices postaux: 49 des 127 bureaux vaudois pourraient disparaître d’ici à 2020, soit plus d’un tiers; un bureau sur deux dans le canton du Jura, c’est-à-dire 15. La semaine dernière, La Poste annonçait ne pouvoir garantir que le maintien de 25 offices postaux dans le canton de Neuchâtel, au lieu de 39 actuellement. A quoi doivent s’attendre les communes privées d’enseignes postales? L’office traditionnel fermera, remplacé par une solution via une agence postale dans un commerce voisin.

Cantons impuissants

Les cantons encaissent «avec regret» ces décisions mais ne font rien, rappelant qu’ils n’ont «aucune marge de manœuvre». Tout au plus, les exécutifs cantonaux demandent à La Poste de trouver des solutions pour chaque office menacé. Le Conseil d’Etat jurassien souhaite que l’entreprise fédérale informe au plus vite les communes et les collaborateurs concernés, et entreprenne son possible afin d’éviter d’éventuels licenciements au cours du processus. Il souhaite également que tout office supprimé soit remplacé par une solution satisfaisante, de préférence une agence. Les communes par contre peuvent saisir la commission de La Poste (PostCom) dès qu’elles sont officiellement informées d’une fermeture, durant trente jours.

La Poste présente cette évolution du réseau comme un «développement» en misant «sur une combinaison de points d’accès physiques et numériques adaptés aux besoins locaux». Le responsable du réseau et membre de la direction du groupe postal, Thomas Baur, assure que les fermetures sans solution de remplacement seront évitées et que des solutions adaptées seront recherchées pour les collaborateurs touchés.

«S'adapter au client»

«Il faudra peut-être faire preuve de flexibilité et travailler dans un autre village, mais nous ferons tout pour éviter les licenciements. Nous ne le faisons pas pour le plaisir. Mais le comportement des clients a changé et La Poste s’y adapte», déclarait-il mardi matin lors d’une conférence de presse à Berne.

Sera-t-il vraiment possible d’éviter les licenciements? Environ 1200 personnes pourraient être touchées, dont 62 emplois équivalents plein-temps dans le canton de Vaud. Dix-sept emplois équivalents plein-temps pourraient être supprimés sur les 63 du réseau jurassien. Philippe Morerod, secrétaire régional de la section Poste de Syndicom, est sceptique. «Jusqu’à maintenant, La Poste a toujours privilégié la réaffectation de ses employés au licenciement. Mais là ça fait beaucoup! On se demande où ils trouveront autant de places.» Ainsi, les syndicats appellent l’entreprise fédérale à favoriser dans leur plan social les départs à la retraite anticipée pour leurs employés de 58 ans et plus.

Des actions de protestation sont prévues, organisées par les différents syndicats cantonaux. Mais là encore, Philippe Morerod est circonspect: «La marge de manœuvre des cantons est nulle, comme me l’a confirmé le ministre vaudois Philippe Leuba. Reste les communes qui peuvent tirer une dernière cartouche: certaines préfèrent payer elles-mêmes les charges des offices postaux plutôt que de les voir fermer, ne laissant plus qu’à La Poste la charge de salarier son personnel.»

Dans le canton de Vaud, l’Association citoyenne de défense des usagers du service public (Acidus) rappelle quant à elle que La Poste, transformée en SA de droit public en 2013, appartient à 100% à la Confédération et donc aux contribuables. «Laisser mourir un service public, c’est mettre en péril tous les autres», déclare-t-elle alarmée.

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