Cinq à dix minutes pour un contrôle qui prendrait au bas mot 4 à 5 heures lors d'une recherche manuelle approfondie, qui dit mieux? Cette économie de temps devrait bientôt être réalisée grâce au scanner mobile acquis par l'Administration des douanes (AFD) pour passer au peigne fin le contenu de certains camions arrivant en Suisse.

L'objet, une sorte de bras géant qui balaie aux rayons X toute la longueur du poids lourds inspecté, en renvoyant des images de son contenu sur quatre écrans vidéo enfermés dans un container annexe et examinés par un fonctionnaire, est en réalité une autre version – à une échelle supérieure – du scanner qui se trouve aux postes d'embarquement des aéroports. Il doit permettre la détection de matériel illicite, voire la présence d'êtres humains à l'intérieur des camions. Ce scanner mobile, qui sera mis en fonction dès l'automne prochain, a été présenté mercredi matin à la douane commerciale de Chiasso, au Tessin.

L'Administration fédérale des douanes ne tarit pas d'éloges sur cette technologie de pointe, dont le but premier est l'amélioration de la lutte contre la fraude et, accessoirement, contre l'arrivée de clandestins à l'intérieur des frontières helvétiques. Outre l'économie de temps qu'il permet de réaliser, «ce nouveau système devrait faciliter le flux du trafic commercial aux postes frontières et notamment permettre une optimisation logistique du personnel de l'AFD», comme tient à le souligner le responsable du projet à Berne, Eric Rochat.

Un scanner à 3 millions de francs

Une ombre au tableau cependant: le prix. Les quelque 3 millions de francs que représente l'acquisition d'un seul de ces scanners auprès de son fabricant allemand n'a permis pour l'heure à l'administration de ne se procurer qu'une seule de ces installations.

Les responsables du projet entendent évaluer son efficacité, au cours de l'automne 2004, avant de passer de nouvelles commandes. En cas de succès, entendez par là une augmentation concrète de marchandises de contrebande interceptées, l'AFD pourrait se doter d'un second appareil et, à terme, d'au moins une unité par chacun des quatre arrondissements de douanes du pays.

En attendant, le scanner mobile présenté au Tessin effectuera des rotations d'un mois, passant dans tous les bureaux de douane commerciale de Suisse. Une technologie de pointe, mais une goutte d'eau dans un océan en comparaison des quelque 15 000 à 20 000 poids lourds qui transitent quotidiennement par la Suisse.