Les spéculations vont bon train après l'entretien accordé le 20 mars au Temps par le directeur de La Poste, Ulrich Gygi. Son objectif affiché – rendre l'entreprise rentable, même au prix d'une importante réduction des effectifs – suscite l'inquiétude des syndicats, qui demandent désormais à connaître rapidement les détails du plan de restructuration de La Poste et ses effets sur l'emploi.

Selon l'hebdomadaire Sonntagszeitung, «bien plus de 1000 postes» sont concernés. Estimation démentie aussitôt par Ulrich Gygi: «Ce chiffre est une pure invention. Nous n'avons encore aucune idée du nombre de postes qui vont être supprimés du fait de nos efforts de réorganisation», a-t-il expliqué au Temps. En revanche, le directeur de La Poste confirme qu'une réduction importante des centres de tri des lettres est envisagée dans le cadre d'un plan de réorganisation nommé «Rema» pour «Reengineering mail», «réorganisation du courrier» en anglais: «Il existe aujourd'hui 23 centres de tri du courrier, soit un par canton. C'est beaucoup trop.»

Centralisation accrue

L'évolution de la technologie en matière de tri postal devrait permettre une centralisation accrue et donc une baisse des coûts de fonctionnement de l'entreprise, autonome de l'Etat mais dont la Confédération reste l'actionnaire majoritaire. L'entreprise occupe actuellement 42 000 salariés à plein temps. C'est excessif, selon Ulrich Gygi.

Trois centres déjà fermés

Suppressions de postes il y aura donc. Trois centres de tri du courrier ont déjà disparu en Suisse alémanique, et 47 places de travail avec eux. La tendance à la rationalisation va se poursuivre. Son influence s'est déjà fait sentir dans le secteur des colis, où le nombre de centres de tri spécialisés a fortement baissé, avec des incidences parfois négatives sur la distribution. Nombre de bureaux de poste, notamment dans les campagnes, sont promis au même sort.