«Nous sommes prêts pour les Fêtes», a assuré mardi le patron de La Poste, Roberto Cirillo, dans le cadre d’une conférence de presse à Zurich. «Les services logistiques ne sont pas prêts à traiter 2 millions de paquets par jour», réplique Matteo Antonini, membre de la direction de Syndicom, lors d’une autre conférence de presse organisée, mardi également, en ligne. Qui croire? Il est vrai que les services postaux, publics et privés, s’apprêtent à vivre une période de folie. Elle commence par le Black Friday le 27 novembre, se poursuit trois jours plus tard à l’occasion du Cyber Monday et se prolonge ensuite jusqu’à Noël, le tout sur fond de pandémie et d’activités commerciales «physiques» restreintes.

Durant cette période, La Poste s’attend à assister à une explosion du nombre de paquets à traiter, à trier et à distribuer. Le semi-confinement du printemps a donné un avant-goût de ce qui attend l’opérateur national public ainsi que ses concurrents privés. En avril, La Poste a livré 17,3 millions de colis, un record mensuel absolu. Il sera probablement battu d’ici à la fin de l’année. En octobre, le nombre de colis livrés dépassait de 23% celui de l’année précédente. Il devrait se situer au même niveau en novembre et en décembre.

Un centre multifonction à Zurich

«Lorsque la crise sanitaire a éclaté ce printemps, il a fallu rapidement gérer la quantité de colis supplémentaires provenant du commerce en ligne. Nous étions dans l’urgence. Nous avons tiré les enseignements nécessaires. Nous sommes prêts pour les Fêtes», assure le directeur général de La Poste. Plusieurs mesures ont été prises.

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D’une part, une partie du personnel des centres de tri des lettres, dont le volume ne cesse de diminuer, peut être affectée au traitement des paquets. C’est notamment possible grâce à la transformation du dépôt de Zurich-Mülligen en centre mixte, capable de trier des lettres et des paquets de petites dimensions. La mise en service de quatre centres de colis régionaux, dont Vétroz (VS) en Suisse romande, soulage l’acheminement de toutes ces marchandises supplémentaires. D’autre part, 800 collaborateurs temporaires ont été engagés pour renforcer le dispositif, ainsi que 300 véhicules de livraison, détaille Roberto Cirillo.

Le risque d’équipes décimées par le Covid-19

Matteo Antonini craint que cela ne suffise pas. Selon lui, les machines de tri ne peuvent traiter qu’environ 1,6 million de colis par jour, alors qu’on en attend jusqu’à 2 millions. «Les mesures prévues sont bonnes, mais insuffisantes. Déjà au bout du rouleau, le personnel devra effectuer des heures supplémentaires», prévient-il. Il redoute en particulier les conséquences de la pandémie sur les collaborateurs, qui peuvent tomber malades ou être mis en quarantaine.

Roberto Cirillo assure que la planification des équipes tient compte de ce risque. Une bourse interne a été ouverte pour mobiliser le plus de monde possible afin que les commandes passées pour Noël puissent être livrées. Si une équipe entière devait être décimée, il serait encore possible de faire appel à la protection civile, ajoute-t-il. Matteo Antonini évoque un autre problème: les conditions de travail des sous-traitants et travailleurs intérimaires. Elles peuvent se révéler précaires.