Services postaux

La Poste va encore supprimer 500 à 600 offices

L’entreprise poursuit la restructuration de son réseau. Ces changements pourraient toucher 1200 collaborateurs

Le nombre d’offices de poste va continuer de diminuer ces quatre prochaines années: l’entreprise annonce la fermeture de 500 à 600 filiales d’ici à 2020, une mesure qui s’accompagnera d’une réduction de 1200 postes environ sur un total de 43 700. De 3400 en 2001, le nombre d’offices de poste, qui avait déjà été ramené à 1562 en 2014 et à 1464 en 2015, ne sera plus que de 800 à 900 en 2020.

Mais le nombre de points de contacts aux prestations de l’entreprise va augmenter, tient à relativiser la directrice générale de La Poste, Susanne Ruoff. «Dans le souci de nous adapter aux changements de comportement de notre clientèle, de plus en plus mobile, nous comptons augmenter le nombre de points d’accès de 3700 à 4000 d’ici à 2020», précise-t-elle.

Le nombre d’agences postales installées dans des commerces passera de 800 à 1200 ou 1300, alors qu’un service à domicile sera toujours proposé dans 1300 localités, comme aujourd’hui. En revanche, le nombre de «points service» va croître. La Poste compte en proposer 500 à 700 dans quatre ans au lieu de 290 actuellement. Ces «points service» peuvent revêtir différentes formes: automates à colis My Post 24, lieux de dépôt ou de retraits dans les gares ou les stations-service, points de correspondance destinés aux PME.

Susanne Ruoff souligne que les partenariats avec les agences et l’extension des automates permettent d’adapter les horaires d’ouverture et d’accès aux besoins des clients. Elle promet de surveiller de près la qualité du service offert par les agences, dont les employés ne sont pas soumis aux mêmes règles conventionnelles et salariales que les salariés de La Poste, ce que critique le syndicat de la communication Syndicom.

Dialogue avec les cantons

La direction de La Poste ne précise pas pour l’instant où les 500 à 600 filiales supplémentaires seront fermées ni combien de personnes seront réellement touchées par cette nouvelle restructuration. Susanne Ruoff se contente de préciser qu’il y aura «un certain nombre de départs à la retraite» et que «La Poste fera tout pour éviter des licenciements comme elle l’a fait jusqu’à maintenant». Elle dit avoir informé les syndicats et ajoute que le dialogue avec les partenaires sociaux se fera sur la base du plan social en vigueur.

S’agissant du choix des offices qui seront fermés ou conservés, La Poste va régionaliser les discussions. Elle ne se contentera plus de dialoguer avec les communes mais aussi avec les cantons. Elle veut tenir compte des «critères et besoins régionaux, qui peuvent varier d’un canton à l’autre». Elle répond ainsi à une demande de la Commission fédérale de la poste (PostCom), qui a souvent reproché à La Poste d’avoir une approche géographique trop étroite lorsqu’elle décide de fermer une de ses antennes. L’entreprise va aussi nouer le dialogue avec la population à partir de 2017. Des séances d’information sont prévues dans tout le pays. C’est peut-être aussi un moyen de diminuer le nombre de recours déposés auprès de la PostCom, qui augmente année après année. Dans tous les cas, tient à souligner Susanne Ruoff, une solution de rechange sera proposée pour toute fermeture de représentation postale.

Syndicats fâchés

La réorganisation vise aussi à réduire le déficit du segment d’activité Réseau postal et vente. Le découvert tourne autour de 100 millions de francs depuis plusieurs années. Il s’est même accéléré en 2016: notamment en raison d’une nouvelle manière de comptabiliser les prestations internes, le déficit du Réseau postal et vente a déjà atteint 99 millions à fin juin.

Pour le syndicat de la communication Syndicom, cette annonce est «le plus grand démantèlement de l’histoire de la Poste», qui affecte à la fois «le réseau postal, la qualité des prestations et le service public». Syndicom souligne que le recul de la demande de la clientèle est le résultat de la disparition de 2200 offices de poste ces quinze dernières années.

Le Syndicat autonome des postiers a vivement réagi à l’annonce de cette nouvelle réorganisation. Il condamne «le sacrifice du personnel sur l’autel du profit» et invite les cantons à créer leur propre «poste intercantonale». Susanne Ruoff assure enfin que le départ du chef des ressources humaines Yves-André Jeandupeux est une «décision personnelle» sans lien avec cette restructuration.

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