Les deux images sont difficiles à concilier. Le Pierre Maudet secoué et presque repentant, qui admet être largement responsable de son calvaire. Et le Pierre Maudet toujours sûr de lui et fier des intentions louables de son voyage à Abu Dhabi, qui prétend être imperméable à toute manœuvre d’influence. Interrogé durant plusieurs heures ce mardi par la présidente du tribunal, le ministre n’en démord pas. Même si cette escapade sentait furieusement la villégiature de luxe, il n’a jamais eu d’autre idée que celle de défendre Genève et n’a jamais imaginé pouvoir un jour se sentir redevable.

Destination cible

Une seule chose semble certaine, Pierre Maudet avait une fascination pour les Emirats, pour le Grand Prix de formule 1 – «une manifestation importante aux yeux du pouvoir» – et pour le prestige des lieux. Avant le séjour qui fait l’objet de l’acte d’accusation, le ministre avait insisté auprès de la cheffe de la police afin de savoir quand l’avion du cheikh Mohammed bin Zayed al-Nahyan se poserait à Cointrin. «Il venait à intervalles réguliers et je souhaitais saisir une occasion pour concrétiser ce voyage. Finalement, je n’ai pas pu le faire.»