Le législatif communal d’Yverdon a adopté hier soir la taxe au sac. Le débat a chahuté l’alliance de gauche qui gouverne la ville. Le dispositif a en effet passé la rampe grâce aux voix conjuguées de la droite et des Verts.

Déçu, le chef du groupe socialiste s’est fendu d’un communiqué de presse critiquant l’attitude des Verts qui n’ont pas épaulé les tentatives du PS de modérer les effets délétères de la taxe. La direction du parti yverdonnois a immédiatement réagi désavouant l’élu. Pierre Dessemontet n’a pas souhaité commenter la décision. En période de campagne pour les élections communales de mars prochain, une querelle entre alliés était malvenue, explique le président de la section Stéphane Balet.

«Taxe antisociale»

La taxe au sac provoque depuis toujours des frictions entre écologistes et socialistes. Unanimes sur le principe du pollueur-payeur, les deux formations se divisent sur la façon de l’appliquer. Le PS dénonce la nature antisociale d’une ponction qui frappe tout le monde sans distinction. A Yverdon, une large majorité du groupe socialiste, acculée par le projet porté par la Municipalité à majorité de gauche, aurait voulu en amender du moins les éléments les plus contestables. En vain. Le parlement citadin a refusé la redistribution complète des revenus de la taxe, soit 1,4 million par an. Le législatif a également dit non à un allégement en faveur des ménages modestes.

Le nouveau dispositif entrera en vigueur cet été. Il met fin à l’exception yverdonnoise. La ville thermale du Nord vaudois était pratiquement la seule à ne pas faire payer le ramassage des ordures dans la région. Elle souffrait du coup du «tourisme des déchets» importés de ses voisins.

Au niveau cantonal, les députés ont voté il y a un an une initiative législative qui contraint le Conseil d’Etat à élaborer un projet de loi introduisant une taxe au sac en terre vaudoise.