La forte affluence lors de l'inauguration montre à quel point les Lausannois sont fébriles à l'idée de la mise en fonction rapide de leur métro. Une question est cependant sur toutes les lèvres: le M2 ouvrira-t-il vraiment le 27 octobre? Cette date avait été avancée au moment où l'exploitant, les Transports publics de la région lausannoise (TL), annonçaient du retard. Qu'en est-il aujourd'hui, à une dizaine de jours de la date butoir? Les responsables de l'entreprise répondent avec prudence: «Il est raisonnable de penser que le 27 octobre sera la date officielle de la mise en service du M2, mais il est aujourd'hui trop tôt pour l'affirmer définitivement, déclare Jacques Filippini, porte-parole des TL. Pour ouvrir, nous devons atteindre des performances d'au minimum 98%. Actuellement, nous les évaluons entre 94% et 95%.»

Autrement dit, les 5% manquants représentent quotidiennement une heure où les trains ne circulent pas. La date du 27 octobre sera confirmée ou infirmée la semaine prochaine, en fonction des résultats. «La dizaine de jours qui nous reste doit nous permettre d'ajuster les quelques points sur lesquels une perte de rentabilité semble manifeste.»

Les tests laissent cependant les TL confiants. «Dimanche, nous avons eu une efficacité de 100%, mais ça n'est pas tous les jours le cas, précise Philippe Leguay, directeur du projet d'exploitation. Parfois nous arrivons en dessous de 90%. C'est pourquoi nous ne pouvons pas encore dire précisément quand ouvrira le M2.»

Aucun problème majeur

Si aucun problème majeur ne semble perturber le bon fonctionnement des rames, des points très précis et très pointus sont invoqués. «Nous sommes confrontés à une somme de petits problèmes qui réduisent les performances», ajoute Philippe Leguay. Pour y remédier, une nouvelle version du logiciel d'exploitation doit être implémentée le 17 octobre. Ainsi, certains soucis pourraient disparaître.

Des progrès doivent être apportés au système de freinage. Pour pouvoir circuler aussi vite, sur les courtes distances qui séparent chaque station, l'accélération et la décélération doivent se faire rapidement. «Selon nos calculs, ces changements de vitesse ne se font pas plus brusquement qu'avec une voiture, ajoute le porte-parole. Mais les passagers peuvent simplement être surpris car nous sommes sur des rails et qu'ils s'attendent peut-être à quelque chose de moins nerveux.» Mais le nouveau système devrait cependant pouvoir l'adoucir. Le système électrique doit également être rendu plus fiable grâce au nouveau logiciel.

L'inauguration en septembre dernier a permis à l'exploitant de tirer quelques leçons sur le fonctionnement du métro. «On a beaucoup parlé des doubles portes qui ne s'ouvrent pas simultanément, explique Jacques Filippini. On espère que la mise à jour du programme d'exploitation permettra de régler cela. Mais c'est de l'ordre du détail.» Quant aux éventuels travaux envisagés pour atténuer le bruit, ils ne devraient pas avoir d'influences sur la mise en circulation.