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La rénovation du château de Lausanne, le 11 février 2016.
© photo eddy mottaz

Patrimoine

Le pouvoir vaudois est en chantiers

Après avoir retenu ses investissements, le canton de Vaud se rattrape. Les sièges de l’Etat en profitent

Les deux sièges historiques des autorités vaudoises sont actuellement en plein chantier. Le château St-Maire, où le gouvernement cantonal a pris la succession des baillis bernois et des évêques de Lausanne, subit la rénovation approfondie que réclamait son état très dégradé. Juste en face, le nouveau parlement est en construction, treize ans après l’incendie qui l’a réduit en cendres.

Voir notre galerie d’images: Visite dans les entrailles du pouvoir vaudois

La coïncidence de ces travaux n’est pas entièrement fortuite. C’est une démonstration parmi d’autres que le canton de Vaud, après avoir longtemps freiné ses investissements, se rattrape. Le coût des travaux sur ces deux maisons de l’Etat se monte à quelque 50 millions de francs. Il y a aujourd’hui dans le canton des constructions publiques en cours pour 2,4 milliards de francs.

Permanence du pouvoir

La place du Château, dans la Cité de Lausanne, est depuis le Moyen Âge le lieu du pouvoir. Cette permanence explique que les députés, chassés de leur ancienne demeure par l’incendie de 1802, aient tenu à revenir sur les lieux. Au total, ils seront restés quinze ans dans leur salle provisoire du Palais de Rumine, juste un peu plus bas. Quant au Conseil d’Etat, il continuera pour les mêmes raisons de tenir une partie de ses séances au château après la rénovation, même s’il a aussi jeté son dévolu sur la plus confortable Maison de l’Elysée.

Ces choix politiques ont conduit, au Château comme au parlement, à faire du neuf avec du vieux, à conjuguer restauration patrimoniale et installation de conditions de travail contemporaines. Un subtil équilibre qui ne se présente pas tout à fait de la même façon dans les deux cas.

Evénement centennal

La rénovation du Château, qui doit s’achever en 2018, sera mise à profit pour installer un ascenseur et créer sous le toit une salle de réunion, dans un vaste espace aujourd’hui inutilisé. La charpente du château est actuellement à nu, pour permettre le nettoyage des poutres et des tuiles, un «événement centenaire» selon les restaurateurs. Les caves aussi seront aussi mises en valeur et reconverties en salle de presse et cafétéria. Au final, l’apparence extérieure du château ne sera en rien modifiée. Le monument continuera d’abriter, outre la salle du Conseil d’Etat, la chancellerie cantonale et l’état-major du Département des institutions et de la sécurité (DIS).

Au nouveau parlement, les contraintes patrimoniales sont liées à la préservation de la façade à fronton d’Alexandre Perregaux, seul vestige ayant survécu à l’incendie de 2002, et à une fresque mise au jour au sous-sol. Pour le reste, un hémicycle entièrement neuf verra le jour. Ses murs de béton, percés d’une baie plongeant sur la ville, attendent encore leur toit. Le futur parlement s’ouvrira d’avantage sur la ville que le précédent, un nouvel accès permettant de manière inattendue de mettre en valeur la façade d’une maison renaissance. L’inauguration est prévue pour le 14 avril 2017, jour anniversaire de la première séance du parlement vaudois (1803).

Promesse d’ouverture

Le maintien d’une activité dans un bâtiment historique est une forme de préservation du patrimoine particulièrement heureuse, a souligné lors d’une visite de presse Laurent Chenu, conservateur cantonal des monuments et des sites. Pour autant, les autorités vaudoises s’engagent à favoriser un accès public à leurs demeures rénovées plus large que jusqu’ici. Les lieux de pouvoir pourraient être accessibles dans le cadre de visites guidées incluant la cathédrale et le Musée historique de Lausanne, indique-t-on par exemple. Les modalités restent à trouver.

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