La campagne du Parti radical pour les prochaines élections fédérales commence à prendre sa tournure définitive, après l'adoption successive des quatre axes principaux de son programme. Tout en pariant sur la Suisse de l'intelligence, de la croissance, de l'ouverture et de l'équilibre, les radicaux lancent un projet original de concordance avec les trois autres partis gouvernementaux. Concrètement, Fulvio Pelli, le président du parti, propose à chacun de ses partenaires de s'entendre avec les radicaux sur trois projets, de façon que les électeurs puissent avoir une vision claire de ce qui serait réalisable au cours de la prochaine législature.

Le PRD, précise Fulvio Pelli, veut rétablir les bases d'une concordance sérieusement mise à mal au cours de ces dernières années. Tout seul, aucun parti ne peut mener un projet à bien. Plutôt que chacun fasse des promesses irréalisables, qui n'aboutiront finalement à rien, le PRD propose aux autres partis gouvernementaux une concordance programmatique partielle. Si l'on comprend bien, il s'agit d'une sorte d'avatar du programme de législature qu'une grande partie du monde politique appelle aussi régulièrement que vainement de ses vœux. Plutôt que d'élaborer un programme commun minimum entre deux ou trois partenaires, le PRD propose de faire cet exercice à la carte, en isolant un certain nombre de projets différents à réaliser sur une base bilatérale avec chacun des trois autres partis gouvernementaux. C'est un projet, admet Fulvio Pelli, «insolite et créatif».

Fin de non-recevoir de l'UDC

Le Parti radical a fait à la fin de la semaine dernière des ouvertures en ce sens à chacun des autres partis gouvernementaux. L'accueil a été inégal, seule l'UDC opposant pour l'instant une fin de non-recevoir en dénonçant une manœuvre électorale. On veut bien parler de concordance, répondent les démocrates du centre, mais après les élections, car les rapports de force et le contexte peuvent changer d'ici là. L'UDC exhorte en outre le PRD à ne pas coopérer avec la gauche. «Une alliance avec le PDC, le PS et les Verts n'apportera aucun avantage aux radicaux», assure-t-elle.

Les deux autres partis gouvernementaux affichent un intérêt circonspect. L'allié naturel et privilégié du PRD est le PDC, convient le vice-président du parti, le Valaisan Léonard Bender. Les deux partis cohabitent au parlement fédéral depuis 1891 et constituent une majorité au Conseil des Etats. La collaboration avec les socialistes est un peu moins évidente, mais intéressante pour le PS, qui y voit une occasion de détacher les radicaux de l'UDC. Les radicaux jurent leurs grands dieux que leur offre est tout à fait sincère et qu'il ne s'agit pas d'une manœuvre tactique visant à mettre en évidence leur esprit d'ouverture et à stigmatiser l'esprit borné de leurs partenaires. Ils sont également ouverts à d'autres thèmes de collaboration et à une coopération élargie à deux partenaires. On devrait voir d'ici au mois de juillet si leurs propositions se concrétisent d'une manière ou d'une autre.