Les référendums contre la loi sur l'asile (LAsi) et la loi sur les étrangers (LEtr) ne bénéficieront pas du seul soutien des milieux de gauche. Des sections cantonales romandes du PDC et du PRD veulent également combattre les deux lois. Ou du moins songent à le faire. Tour d'horizon.

Chez les démocrates-chrétiens, les Vaudois ont décidé lundi soir de soutenir le double référendum et d'adhérer ainsi au comité référendaire vaudois «Non aux lois contre l'asile et les étrangers». Si le PDC-VD «reconnaît et salue les efforts entrepris par le groupe parlementaire du PDC Suisse au parlement fédéral pour atténuer les rigueurs de ces deux lois», il estime que les textes définitifs comportent encore des clauses qui sont contraires à ses valeurs. Le PDC genevois a, lui, annoncé le 12 janvier qu'il soutiendrait les deux référendums, contrairement aux Valaisans qui, le 20 décembre, ont fait savoir qu'ils ne combattront pas les deux lois. Les autres sections romandes n'ont pas encore pris position. «Nous avions déjà pris une décision de principe le 8 décembre, avant le vote final aux Chambres fédérales», explique Fabiano Forte, secrétaire général du PDC genevois. «Le 12 janvier, les scores étaient clairs: la loi sur l'asile n'a recueilli que 6 oui, contre 63 voix contre et 4 abstentions, score qui était quasi identique pour la LEtr.»

«Aucune place pour l'analyse»

Du côté des radicaux, les Genevois et les Vaudois se réuniront ensemble à fin février. «Mais nous prendrons position plus tard, en assemblée des délégués», précise le président du PRD genevois, Pierre Maudet. «Je me pose de sérieuses questions quant à l'applicabilité de la LAsi et je crains que les mesures prévues ne créent davantage de clandestins. Comment voulez-vous que cette loi puisse déployer ses effets si la Suisse ne signe pas suffisamment d'accords de réadmission avec les pays d'émigration?» s'interroge-t-il. Il ajoute: «Le PRD genevois devrait soutenir le référendum contre la LAsi, mais pas celui contre la LEtr.» «Ceux qui rejettent ou soutiennent les deux référendums le font souvent par pure gesticulation électorale. C'est de la malhonnêteté intellectuelle», soutient Bernard Favre, secrétaire général du PRD genevois. Il déplore qu'il n'y ait «aucune place pour l'analyse entre la diabolisation et l'angélisme». «La réunion à laquelle participeront plusieurs députés fédéraux devrait précisément permettre à nos membres de se faire une idée claire sur les effets des deux lois», précise-t-il. Si le conseiller national Philipp Müller, père de l'initiative «des 18%», a décliné l'invitation pour cause de voyage en Thaïlande, Yves Christen pourrait venir défendre les lois. Et dans le camp des personnalités favorables aux référendums, les noms qui circulent pour l'instant sont ceux d'Yves Guisan ou de François Couchepin, ancien chancelier de la Confédération. Dans les autres sections radicales romandes, les hésitations sont pour l'instant moins apparentes.

Pour mémoire, parmi les conseillers nationaux bourgeois, seuls les démocrates-chrétiens Pierre Kohler (JU) et Luc Barthassat (GE), les libéraux Claude Ruey (VD) et Martine Brunschwig Graf (GE), et le radical Yves Guisan (VD) ont voté aux côtés de la gauche contre la loi sur l'asile. Les mêmes ont voté contre la loi sur les étrangers, le libéral vaudois Serge Beck, qui a dit oui à la loi sur l'asile, en plus.