Le document de travail «Service au public plutôt que service public» (Le Temps des 5 et 6 décembre) ne sera pas discuté lors de la prochaine assemblée des délégués du Parti radical, le 12 janvier à Tramelan. Lors d'une réunion qui s'est tenue jeudi matin à Berne, le groupe de travail en charge de ce dossier explosif, dirigé par le président du parti, Gerold Bührer, et auquel sont notamment associés le secrétaire général, Guido Schommer, et la présidente du groupe parlementaire, Christine Beerli, a en effet décidé de consulter les cantons et de remanier quelques chapitres. «Notre position de base ne change pas. Mais nous devons adapter certains aspects, car la situation a évolué depuis que nous avons posé les principes de ce projet en avril dernier. Ainsi, nos positions sur la libéralisation du marché de l'électricité et sur la radio et la télévision doivent être retravaillées. Cela sera fait la semaine prochaine», annonce Gerold Bührer.

Changement de donne

Dans ces deux dossiers, la donne a changé. L'ordonnance sur le marché de l'électricité a reçu un accueil désastreux lors de la consultation qui s'est achevée le 30 novembre. Cela oblige le PRD à réexaminer la situation, tout comme economiesuisse, avec qui des contacts ont déjà eu lieu. «Nous voulons toujours libéraliser le marché, mais une nouvelle ordonnance d'application est nécessaire», poursuit le Schaffhousois.

A propos des médias, la disparition de Tele24 et de TV3 justifie une nouvelle réflexion. Gerold Bührer ne souhaite en revanche rien dire pour l'instant des propositions qui concernent La Poste, les CFF ou l'assurance maladie. On peut cependant imaginer qu'elles seront elles aussi reconsidérées, la direction du parti insistant sur le fait que libéraliser ne veut pas systématiquement dire privatiser. Retravaillé, le document du PRD sera ensuite transmis début janvier aux présidents des sections cantonales pour consultation. Les remarques seront réunies en mars et le projet sera mis à l'ordre du jour de l'assemblée des délégués suivante, prévue en avril dans le canton de Nidwald.

La tournure des événements satisfait le conseiller national vaudois Yves Guisan, qui a conduit la fronde contre le document de travail de son parti. «Je constate que mon point de vue a fait son chemin», note-t-il. Il se réjouit que Gerold Bührer ait reconnu la nécessité de consulter les sections cantonales, ce qui, assure-t-il, n'était pas prévu au départ. Il n'aurait pas accepté que son président concocte un brûlot ultralibéral en petit comité, le distribue ensuite aux sections et aux membres avec ordre de le défendre bec et ongles. La consultation des cantons devrait permettre d'apporter quelques bémols aux propositions les plus provocantes de ce document.