Kaspar Villiger confirmera en septembre sa démission pour la fin de l'année. Le Parti radical s'y prépare. Vendredi, sa présidente Christiane Langenberger a décortiqué la stratégie prévue pour sa succession et pour le renouvellement du Conseil fédéral, agendé pour le 10 décembre. «Nous ne voulons pas lui mettre la pression», tempère-t-elle. «Mais nous avons décidé que les sections cantonales devraient déposer leurs propositions de candidatures jusqu'au 31 octobre», ajoute-t-elle. Elle ne se prononce pas sur les papables. «Nous aurons l'embarras du choix», se contente-t-elle de dire. Pour l'heure, la Bernoise Christine Beerli et l'Argovienne Christine Egerszegi tiennent toujours la corde, avec la conseillère d'Etat Karin Keller-Sutter (SG), l'ancien président Franz Steinegger et le conseiller d'Etat Christian Wanner (SO) comme outsiders.

Pour la réélection du Conseil fédéral, le PRD esquisse trois scénarios: le statu quo, la variante arithmétique (en fonction du nombre de sièges conquis au parlement et non pas des pourcentages électoraux, ce qui limite la portée des spéculations fondées sur le baromètre publié ce jour) et la variante politique, «avec un programme à négocier entre plusieurs partis», précise la sénatrice vaudoise. Le PRD procédera, après les élections du 19 octobre, à l'analyse approfondie de plusieurs critères: la compatibilité d'un tel programme avec les objectifs politiques de la législature 2003-2007, l'attitude tactique des partis, le comportement de chaque parti envers les autres formations et envers ses propres représentants au gouvernement.

Campagne factuelle

D'ici là, il s'agira de gagner les élections fédérales d'octobre. Le PRD a présenté sa stratégie vendredi, à tout juste cent jours de cette échéance. Il compte mener une campagne factuelle, «axée autour de thèmes et de personnalités, sans ressentir le besoin de faire des gags», précise son secrétaire général Guido Schommer. Allusion, bien sûr, aux attaques du PS contre Pascal Couchepin et Joseph Deiss. Il la dirigera cependant contre la «coalition de l'immobilisme», qui inclut le conservatisme de gauche (PS) comme de droite (UDC). A ce propos, Christiane Langenberger ne s'étonne guère de voir le PS «offrir sur un plateau» un deuxième conseiller fédéral à l'UDC, car celle-ci a bien aidé les socialistes à conquérir un siège dans les gouvernements zurichois et soleurois.

Le PRD, qui se présente comme le «lobby de l'intérêt public» dans la mesure où il a gagné 44 votations sur 46 durant la législature, se concentrera sur trois thèmes: la sécurité des rentes, la sécurité de l'emploi et la sécurité des citoyens. Il militera pour un examen approfondi des assurances sociales, âge de la retraite inclus, une politique de croissance plus déterminée (l'élargissement des accords bilatéraux aux nouveaux membres de l'UE en fait partie), et la lutte contre la violence, notamment chez les jeunes. Il propose par exemple un encadrement spécial pour les élèves agressifs.

Les radicaux devront cependant aussi gérer une polarisation interne, car leurs sections cantonales ont des sensibilités parfois très différentes. «Il est vrai que les radicaux zurichois ont un autre langage que les Vaudois», reconnaît Christiane Langenberger, qui estime que, pour l'heure, ces divergences ne sont pas problématiques. Elles suffisent cependant à justifier le fait, relevé par la vice-présidente Marianne Kleiner, que les élections se joueront surtout sur la situation propre à chaque canton. Le PRD présente au total 409 candidats, dont 37% de femmes et 33% de moins de

30 ans. Il estime être en mesure de glaner un siège de plus dans huit cantons, par exemple à Neuchâtel, dans le Jura, à Fribourg et en Valais, ce qui paraît ambitieux. Son budget de campagne est de 1,3 million.