C'est la réalisation du siècle qui va officiellement débuter vendredi en ville de Fribourg. Le pont de la Poya, ouvrage d'art haubané sur sa partie centrale, pourrait donner à la ville un petit air de Millau. «Son élégante silhouette apportera de la valeur ajoutée au sens esthétique du projet», espère le conseiller d'Etat Georges Godel. Inscrit dans un vaste projet d'aménagement routier, le pont de la Poya permettra de relier la route de Berne à la route de Morat sans passer par le bourg. Les Fribourgeois attendent sa construction depuis bientôt cinquante ans (LT du 27.10.2008).

Un pont, puis un tunnel

Pour pouvoir bénéficier des subsides de la Confédération versés aux aménagements urgents (60 millions de francs pour un budget total de 120 millions), les travaux doivent commencer avant le 31 décembre 2008. C'est désormais chose faite, puisqu'ils ont débuté réellement le 22 septembre avec le chantier du carrefour de Bellevue, au Schönberg, et la construction d'un collecteur d'eau claire à Granges-Paccot.

Le pont, quant à lui, ne devrait pas être érigé avant la fin de l'été 2009. «Les cinq premiers mois du chantier sont consacrés au terrassement du côté du Palatinat», explique Christophe Bressoud, chef du projet Poya. «Les piles ne seront construites qu'une fois ces travaux achevés.»

Outre le pont, d'une longueur de 852 mètres et passant au-dessus de la Sarine, un tunnel prolongera l'ouvrage sur une longueur de 251 mètres pour déboucher au carrefour Saint-Léonard. L'ensemble du projet Poya est composé de huit chantiers, chacun d'eux ayant son propre calendrier.

Fin des travaux: 2013

Les travaux devraient s'achever en août 2013. Mais, vu le nombre de secteurs concernés, il se pourrait que la mise en service du projet puisse ne pas coller au planning. «Nous sommes soumis au marché des offres publiques. Donc si quelqu'un fait recours sur les adjudications, cela peut avoir des effets sur l'agenda», précise Georges Godel. Mais les éléments extérieurs peuvent également avoir des incidences. «Nous savons que la géologie peut toujours causer des surprises, poursuit-il. Le sol de Saint-Léonard est connu pour être particulièrement difficile.»

Quant à savoir si les travaux seront terminés dans les temps, le conseiller d'Etat reste confiant. «Le calendrier est ambitieux, nous en sommes conscients, mais il est réalisable à condition qu'on ne nous mette pas trop de bâtons dans les roues.»