Transports

Premier feu vert à la ligne directe neuchâteloise

Nouveau départ, plus de six ans après l’échec du Transrun. La Commission des transports des Etats soutien la construction d’une ligne de chemin de fer directe entre La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel

Le canton de Neuchâtel signe une victoire d’étape importante: la Commission des transports et télécommunications (CTT) du Conseil des Etats a accepté à l’unanimité d’intégrer le projet de ligne directe entre le chef-lieu et La Chaux-de-Fonds dans l’étape d’aménagement 2035 des infrastructures ferroviaires. «C'est une excellente nouvelle et le oui unanime constitue une bonne surprise», réagit le conseiller d'Etat neuchâtelois Laurent Favre.

Défendu par le canton et la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO), ce projet paraît plus moderne et porteur d’avenir que la rénovation de l’ancienne ligne historique. Le Conseil fédéral n’avait retenu que cette solution. Il proposait d’assainir l’axe existant en supprimant le rebroussement de Chambrelien et en construisant un nouveau tunnel à la place de la galerie vétuste par laquelle transitent aujourd’hui les trains reliant les deux cités. Cette solution coûterait 850 millions de francs, financés en partie par le crédit ferroviaire 2035 et en partie par la convention de prestations des CFF.

Après l’échec du Transrun

Mais le canton de Neuchâtel et la CTSO ne s’en sont pas satisfaits. Ils ont toujours argumenté que la construction d’une nouvelle liaison directe souterraine entre les deux gares serait «un investissement plus performant et rentable». Cette variante coûte certes quelque 250 millions de plus, mais elle a l’avantage de raccourcir sensiblement les temps de parcours entre les deux villes du canton. Le trajet ne durerait que 14 minutes, soit 7 de moins que la réfection de la ligne historique. «Notre dossier est solide et le rapport coût-utilité est très positif», commente Laurent Favre.

Sa satisfaction est d'autant plus grande que la solution retenue par le CTT des Etats se rapproche du projet de RER souterrain Transrun qui avait été refusé d'extrême justesse (50,3% de non, 400 voix d'écart) par la population neuchâteloise en 2012. Après cet échec traumatisant, le Conseil d'Etat avait repris son bâton de pèlerin pour faire renaître un nouveau projet de ligne directe dans le cadre d'un plan stratégique nommé Mobilité 2030. A cette fin, il avait intégré un crédit de préfinancement de 110 millions dans ce programme, et celui-ci avait été accepté par 84% de la population en 2014.

Il a ensuite proposé de convertir ce crédit de 110 millions en cofinancement cantonal direct. Le Conseil d'Etat proposera au Grand Conseil d'affecter 45 millions à la construction de la gare de Cernier, à mi-chemin de la future ligne directe entre les deux villes. Une partie du solde pourra être utilisée pour relier l'axe ferroviaire actuel Neuchâtel-La Chaux-de-Fonds à celui qui part en direction du Val-de-Travers, entre Bôle et Corcelles.

Lire aussi: Crédits ferroviaires: «Oui mais» à Neuchâtel et au Lötschberg

La CTT a ajouté d’autres tronçons au programme adopté par le Conseil fédéral: études de projet pour le RER trinational de Bâle, la gare de passage de Lucerne et le tronçon Aarau-Zurich, prolongements de lignes entre Aigle et Leysin (jusqu'à la station de téléphérique), à Locarno et à Rorschach (SG). Au total, l’enveloppe budgétaire à l’horizon 2035 s’élève désormais à 12,8 milliards de francs, soit 900 millions de plus que ce qu’avait présenté le gouvernement.On assiste ainsi au même scénario que pour l'étape de réalisation 2025. Le parlement avait voté un crédit global de 6,4 milliards alors que le Conseil fédéral n'en avait proposé que 3,5. En élargissement ainsi le périmètre d'investissement, il augmente les chances d'acceptation du projet. Mais celui-ci n'inclut pas trois autres revendications de la Suisse occidentale: la cadence au quart d'heure autour de Fribourg, le renforcement de l'offre dans la ligne de la Broye et une nouvelle halte à Thoune-Nord. Dans un communiqué, la CTSO demande que ces améliorations soient intégrées dans l'enveloppe budgétaire 2035. Le Conseil des Etats se détermine le 7 mars.

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