Neuchâtel peut espérer avoir un budget pour Noël. Mardi soir, au terme de débats tendus, parfois dignes d'une cour d'école, le Grand Conseil a accepté d'entrer en matière sur le budget 2005. Mais il a fait durer le suspense: à quatre mois des élections cantonales, gauche et droite ont marqué leur territoire, ne ménageant pas leurs critiques à l'encontre du Conseil d'Etat.

Les deux blocs ont émis leurs réserves – évidemment discordantes – sur un projet présentant avant examen un déficit de 43,5 millions (2,5% des charges). Les socialistes et le groupe PopEcoSol ont fustigé «la politique à la petite semaine» d'un gouvernement qu'ils accusent «d'économiser avant tout sur le dos de la fonction publique et des communes». Libéraux et radicaux ont quant à eux regretté que le Conseil d'Etat n'ait pas pris de mesures d'assainissement permettant de stopper l'hémorragie de quinze exercices déficitaires successifs.

Suivant cette logique, la majorité bourgeoise a exigé que le gouvernement s'engage à maintenir ses projets de frein aux dépenses et de frein à l'endettement qui sont à l'ordre du jour de la session de février 2005. «Nous ne voterons pas l'entrée en matière si nous n'avons pas de garantie dans ce sens», ont martelé les représentants des deux groupes. «Un chantage», selon la gauche, qui a finalement obtenu gain de cause. Après plusieurs interruptions de séance et d'interminables joutes verbales, radicaux et libéraux ont jugé que les garanties du Conseil d'Etat étaient suffisantes.

Le deuxième débat a commencé dans la foulée. S'il ne s'éternise pas, il devrait se terminer aujourd'hui. Avant même le vote sur les nombreux amendements de la gauche, le déficit avait été gonflé de 5,25 millions pour atteindre 48,75 millions. Au début de l'après-midi, le parlement avait en effet refusé deux des huit mesures d'économie proposées par le gouvernement, à savoir la suppression des subventions pour l'école enfantine et l'école obligatoire, et le subventionnement des transports d'élèves.