Jura bernois

Le premier président du Conseil du Jura bernois, Jean-Jacques Schumacher, s'est éteint

L'ancien enseignant, journaliste et politicien radical est décédé à l'âge de 74 ans. Il fut secrétaire général de l'Assemblée interjurassienne de sa création en 1994 à 2003

Il était, dans les Juras - Jura bernois comme canton du Jura - une personnalité respectée, au jugement modéré. Après une longue maladie, l'ancien enseignant, journaliste et politicien radical Jean-Jacques Schumacher, 74 ans, est décédé. L'annonce est faite par le biais de son compte Facebook.

Etabli à Bévilard, Jean-Jacques Schumacher a suivi la «voie longue» pour décrocher en 1979 un doctorat en sciences économiques à l'Université de Neuchâtel, doublé d'une attestation universitaire en journalisme.

Professeur de comptabilité et de techniques de gestion, il enseigne et dirige les écoles commerciales du Jura bernois, à Moutier, Tramelan et Saint-Imier. Il est aussi chargé de cours à la HEG à Neuchâtel, dirige la Chambre d'économie publique du Jura bernois. L'homme collabore également avec les médias régionaux, Le Démocrate à Delémont, la radio RJB et le Journal du Jura.

Ni séparatiste, ni antiséparatiste

Durant la chaude période des plébiscites jurassiens de 1974 et 1975, il se range chez les modérés de la «Troisième Force», partisans d'un Jura uni et autonome, au besoin dans le canton de Berne. En 1997, il participe aux travaux du «Groupe Avenir du Jura bernois» avec Claude-Alain Voiblet, un groupement qui demande la délégation d'importants pouvoirs du canton de Berne au Jura bernois.

Jean-Jacques Schumacher s'est principalement fait connaître comme secrétaire général de l'Assemblée interjurassienne, de sa création en 1994 à 2003. Un cénacle de politiciens du Jura et du Jura bernois, qu'avait présidé au début l'ancien conseiller fédéral René Felber, appelés à réconcilier les frères ennemis et à trouver une porte de sortie à la Question jurassienne.

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Observateur et médiateur davantage que politicien engagé, Jean-Jacques Schumacher n'aura qu'un mandat politique, en 2006, dans une institution nouvelle créée par le canton de Berne pour donner un espace de parole à sa minorité francophone, le Conseil du Jura bernois. Il en sera le premier président. 

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Jean-Jacques Schumacher quittera le CJB en 2012. Il est l'auteur de nombreuses publications, en particulier un ouvrage qu'il consacre à l'Assemblée interjurassienne, en automne 2005, dans lequel il décrit le fonctionnement d'une institution à nulle autre pareille. 

Ses obsèques auront lieu mercredi 28 décembre au Temple de Bévilard.

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