La situation semble évoluer en Libye: pour la première fois, Rachid Hamdani, un des deux otages suisses à Tripoli, s’est présenté à son procès en appel pour «séjour illégal». Le verdict est attendu le 31 janvier. L’Allemagne serait intervenue en tant que médiatrice, selon son avocat libyen.

Rachid Hamdani a assisté à son procès et a ensuite pu regagné l’ambassade de Suisse, a indiqué dimanche à l’ATS le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), confirmant les propos de l’avocat libyen Salah Zahaf, cité par l’AFP.

Selon cet avocat, l’homme d’affaires suisse a obtenu au préalable des garanties de la Fondation Kadhafi, présidée par Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi. Me Zahaf a également parlé d’une médiation allemande et a salué la «coopération» de la diplomatie libyenne. Une information que le DFAE n’a pas souhaité commenter.

Le procès en appel de l’autre otage suisse en Libye, Max Göldi, est prévu jeudi. Les deux hommes d’affaires ont été condamnés par contumace le 30 novembre, à 16 mois ferme pour «séjour illégal» dans ce pays.

Prévu initialement le 22 décembre, leur procès en appel avait été reporté à plusieurs reprises, le juge libyen exigeant leur présence. Garanties écrites

Avant dimanche, ni l’un ni l’autre n’avait assisté aux audiences par crainte d’être arrêté à leur sortie de l’ambassade où ils sont réfugiés. Ils exigeaient des garanties écrites pour assurer leur retour dans les murs de la représentation suisse.

Rachid Hamdani, responsable d’une PME suisse, et Max Göldi, chef de la filiale en Libye du groupe d’ingénierie hevético-suédois ABB, sont également sous le coup d’autres procès pour «exercice d’activités économiques illégales», qui ont été reportés la semaine dernière à fin janvier, également en raison de l’absence des deux hommes à leurs audiences. Merz doute

MM. Hamdani et Göldi avaient été arrêtés à Tripoli le 19 juillet 2008, quelques jours seulement après l’interpellation musclée à Genève d’un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, tous deux soupçonnés de maltraiter leurs domestiques.

Depuis, la Suisse tente de négocier leur libération. Mais samedi encore, le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, qui avait géré le dossier en 2009 alors qu’il était président de la Confédération, a lui dit douter de la volonté de Tripoli de résoudre la crise. Selon lui, le Conseil fédéral est contraint de changer constamment de stratégie.