Micheline Calmy-Rey a reçu vendredi à Berne son premier visiteur officiel, en la personne du ministre Gamini Lakshman Peiris, chef de la délégation gouvernementale sri lankaise aux pourparlers de paix avec les rebelles tamouls. «C'est un souvenir que je ne suis pas près d'oublier», a déclaré la nouvelle ministre des Affaires étrangères à l'issue de la rencontre. Cette visite s'inscrit dans la participation suisse au processus de paix engagé il y aura bientôt une année, entre le gouvernement de Colombo et le mouvement des Tigres de l'Eelam tamoul (LTTE).

La Suisse est particulièrement sensibilisée à ce conflit et à ses retombées par le fait qu'elle a accueilli au cours des ans quelque 35 000 réfugiés tamouls. Elle a offert à plusieurs reprises ses bons offices et intervient à un niveau informel dans le processus de paix en partenariat avec d'autres pays européens. Sur le terrain, elle soutient en collaboration avec l'Allemagne un programme de dialogue organisé entre Tamouls et Cinghalais pour favoriser le retour de la paix. En 2002, Berne a consacré près de 6 millions de francs à des programmes d'aide humanitaire, de déminage, de promotion de la paix et de reconstruction. Une part importante de l'aide humanitaire sera affectée à l'avenir à des projets de reconstruction et de réhabilitation permettant aux personnes déplacées de se réinstaller.

Différentes rencontres ont également eu lieu en Suisse, essentiellement consacrées à l'étude du fédéralisme, dont les deux parties au conflit ont choisi le principe pour leur organisation institutionnelle. En décembre dernier, c'est une délégation du LTTE qui était reçue à Berne pour se familiariser avec les institutions suisses. «Les participants en gardent un souvenir lumineux», assure Gamini Lakshman Peiris, en ajoutant que la Suisse apporte un précieux concours à la recherche de modèles institutionnels, qui entre maintenant dans une phase très active. Il reste qu'aucun modèle n'est facilement transposable, dans un pays déchiré par vingt ans de guerre civile, et que les intéressés étudient le fonctionnement d'autres Etats fédéralistes, le Canada notamment.

La Suisse est disposée à s'engager plus intensément dans le processus de paix, a assuré vendredi Micheline Calmy-Rey. Elle est en particulier prête à abriter de nouvelles rencontres entre les deux parties, qui se sont réunies l'an dernier en Norvège, et qui se reverront prochainement à Berlin. Gamini Lakshman Peiris, qui détient à Colombo le portefeuille de l'industrie, de la promotion des investissements et des affaires constitutionnelles, s'est quant à lui rendu à Davos, afin de contacter des représentants du secteur privé susceptibles de participer au processus de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures de son pays.