Sept millions par année pourraient être économisés, estime l'UDC, si l'Institut suisse de droit comparé, établissement autonome financé par la Confédération, était privatisé. Situé à Dorigny, sur le campus universitaire lausannois, l'institut a été créé en 1982. Les attaques du parti de Christoph Blocher interviennent au moment où ce dernier accède à la tête du département de tutelle de l'institut. Elles se produisent alors que le nom du nouveau directeur – dont la désignation incombe au Conseil fédéral – n'est toujours pas connu, l'ancien patron, Pierre Widmer, ayant pris sa retraite. Si l'UDC en réclame la privatisation, elle ne dit pas à qui l'Institut suisse de droit comparé devrait être vendu. A des privés? Au canton de Vaud, qui en abrite le siège?

Agrandi au cours des années 1990, l'institut abrite notamment, grâce à une convention signée avec la Fondation Jean Monnet pour l'Europe, également à Lausanne, un Centre de documentation européenne. Celui-ci permet au public d'avoir accès aux publications officielles de l'Union européenne.

Serait-ce cette ouverture au droit et aux institutions de l'Europe, pas nouvelle pourtant, qui expliquerait les attaques de l'UDC? C'est une supputation. Mais il est vrai que la mission de l'institut, telle qu'elle ressort de la loi fédérale qui lui sert de cadre, n'est pas de celles auxquelles l'UDC voue traditionnellement une grande sympathie. Il est notamment question de «participer aux efforts internationaux de rapprochement et d'unification du droit», de «mettre à disposition des autorités et de l'administration fédérales les documents et les études pour les lois et les conventions internationales».

Ouvert aux chercheurs suisses et étrangers, l'Institut suisse de droit comparé abrite une importante bibliothèque accueillant des ouvrages sur le droit de la plupart des pays du monde. Centre d'expertise universitaire, l'institut rend également des avis de droit à la demande de particuliers ou d'autorités suisses aussi bien qu'étrangers. Il encaisse pour ces tâches des honoraires définis par une ordonnance.

La recherche et l'enseignement du droit comparé à Lausanne reposent sur une tradition ancienne illustrée en particulier, dès la fin du XIXe siècle, par une célébrité de l'époque, le professeur Ernest

Roguin. Sur son site Internet, la Faculté de droit de Lausanne ne manque pas de souligner «l'ouverture» de son enseignement sur les législations étrangères et «la part importante que le droit comparé a toujours eue dans les programmes».