Le préposé valaisan à la protection des données, Sébastien Fanti, envisage de déposer une plainte contre le patron de Facebook, après le dévoilement du scandale des données aspirées par Cambridge Analytica et autres fuites de données personnelles.

Il a affirmé mercredi soir sur le plateau de l’émission Infrarouge (RTS) qu’«il y a des clients de Facebook, dont je fais partie, qui sont en train d’étudier la possibilité de poursuivre Mark Zuckerberg au pénal, en Suisse. Si un policier avait fait la même chose que Mark Zuckerberg, ce soir, il dormirait en prison, a affirmé l’avocat, parce qu’il aurait eu accès à des informations protégées par un secret.»

Voir le blog de Sébastien Fanti.

Un large accès aux contacts

Sébastien Fanti fustige le fait que Mark Zuckerberg «a pour seul argument de défense le consentement. Mais personne n’a compris qu’il pouvait avoir accès à la liste des appels» – allusion au fait que Facebook accéderait à certains carnets de contacts sur les téléphones portables.

S’il la lance, la démarche du Valaisan aura en fait une intention surtout domestique. Il s’inquiète pour la sécurité nationale: il évoque «tous les policiers, tous les militaires, tous les gens qui travaillent au service de renseignement, qui ont installé» l’application mobile de Facebook, ce qui a pour conséquence «que l’on sait tout de leur activité. Et ça, c’est une atteinte à la sûreté de l’Etat», conclut-il.

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De «nouvelles mesures» de protection

Mercredi, la firme américaine a indiqué vouloir prendre de «nouvelles mesures» pour la protection des données. «Notre constat est le suivant: nous devons rendre nos paramètres de confidentialité plus faciles à comprendre, à trouver et à utiliser», a indiqué le réseau dans une note.
Il reste assez général, mais donne quelques exemples des modifications à venir, notamment «un menu unique pour trouver et gérer l’ensemble de [ses] paramètres de confidentialité» et «des outils simples pour trouver, télécharger et supprimer [ses] données Facebook».

Malgré les excuses formulées le 21 mars, Facebook n’a pas réussi à faire retomber la polémique sur la protection défaillante des données personnelles: selon des lanceurs d’alerte, les données de 50 millions d’utilisateurs collectées par Facebook ont été exploitées par l’entreprise britannique Cambridge Analytica.

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La semaine dernière, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a expliqué avoir – en 2014 – «modifié entièrement la plateforme pour limiter de façon très importante la quantité de données auxquelles pouvaient accéder ces applications» tierces. (AFP)