Les consultants mandatés par les CFF ont chiffré les fonds supplémentaires nécessaires à 850 millions de francs en moyenne par année pour la période 2010-2016. Une somme non négligeable puisqu’elle dépasse de quelque 60% le plan financier, a relevé devant les médias le directeur de l’Office fédéral des transports (OFT) Max Friedli.

Dans le détail, le maintien du bon état actuel des infrastructures coûterait en moyenne 410 millions de plus que prévu par an. Un montant analogue devrait servir à rattraper les retards pris dans les investissements, à améliorer certaines lignes ou gares et à répondre à des exigences légales nouvelles (tunnels, handicapés). S’y ajoutent 20 millions en raison de la hausse du trafic attendue ces prochaines années.

«Vu la demande, nous devons développer le réseau. Dans le même temps, nous avons besoin de davantage d’argent pour l’entretenir», a résumé le patron des CFF Andreas Meyer. Le CEO a cité trois pistes pour trouver les fonds manquants: économiser dans les coûts d’exploitation, convaincre l’Etat d’être plus généreux et augmenter le prix du sillon, «ce qui se répercutera sur les tarifs du trafic voyageurs et marchandises».

«Maintenant, les faits sont sur la table», a conclu M.Meyer. La Confédération est consciente du défi et va étudier des solutions. Etant donné les enjeux financiers, elle ne veut toutefois pas considérer les chiffres avancés par les CFF comme parole d’évangile.

Deuxième audit attendu

Un deuxième audit a été commandé à un institut de Hambourg, a indiqué Max Friedli. Ses conclusions sont attendues d’ici le printemps. Il s’agira notamment de déterminer sur cette base à partir de quand des crédits supplémentaires devront être libérés.

La situation est délicate au regard des difficultés financières de la Confédération. Le Conseil fédéral a décidé en décembre que le financement de l’infrastructure ferroviaire ne devait pas grever davantage les caisses publiques ces prochaines années. Des coupes se chiffrant en centaines de millions se dessinent dans le domaine des transports en lien avec le nouveau programme fédéral d’économies.

Il convient donc de trouver des alternatives. Outre une hausse des prix, le directeur de l’OFT a cité un changement temporaire de l’affectation de la redevance poids lourds.

Son ministre de tutelle, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, a aussi évoqué ces derniers mois l’introduction d’une taxe de mobilité (mobility pricing) et un relèvement de la TVA. Il a également laissé entendre qu’il espérait que ses collègues revoient à la baisse leurs exigences d’économies dans ce secteur.

Groupe de travail

Un groupe de travail interdépartemental réunissant l’OFT et l’Administration fédérale des finances a été mis sur pied pour examiner comment assurer le financement des besoins supplémentaires à moyen et long termes. Les résultats de ces travaux seront disponibles d’ici à l’automne.

Les travaux en cours, l’avenir de Rail 2030, le prochain volet de la réforme des chemins de fer et la convention sur les prestations entre la Confédération et les CFF 2013-16 pourraient en faire les frais. Les réflexions de ce groupe de travail auront en effet une influence «décisive» sur la suite des opérations, a averti l’OFT.

Max Friedli reste néanmoins confiant sur l’issue de l’exercice. Enterrer purement et simplement les projets ferroviaires en discussion serait «une catastrophe».