La clause du besoin réintroduite par une modification de la loi fédérale a engendré la démission de 19 chefs de clinique en psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), annonce La Tribune de Genève. Cette clause limite le nombre de personnes autorisées à pratiquer dans le privé à la charge de l'assurance-maladie. «Ces départs ont rendu la rentrée 2021 difficile», commente le chef du Département de psychiatrie, Stefan Kaiser, cité dans le quotidien. Son département compte 59 postes de chefs de clinique et il n’avait connu en 2020 que trois départs.

Un «rééquilibrage du paysage»

Le responsable confirme que le changement législatif est bien l’élément déclencheur de ces démissions anticipées, alors même que le règlement d’application cantonal n’est pas encore disponible. Nombre de chefs de clinique ont pour projet d’ouvrir un cabinet médical. «Ils ont préféré sauter le pas avant qu’il soit trop tard», résume le quotidien genevois. Les 19 postes ont été remplacés par des médecins internes en fin de formation ou des engagements extérieurs.

Le phénomène ne touche que la psychiatrie, mais il pourrait s’étendre à d’autres disciplines. «Genève connaît le taux de psychiatres le plus haut de Suisse, voire d’Europe, avec plus de 500 médecins pour 500 000 habitants, déclare le directeur médical des HUG, Arnaud Perrier, toujours dans la Tribune de Genève. Il y a toutes les chances pour que cette spécialité soit touchée par la clause du besoin.»

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Un «rééquilibrage du paysage» que le directeur approuve, car la proportion entre médecins de premier recours et spécialistes est de 35%-65% [dans le canton], alors que cela devrait plutôt être l’inverse.» Il estime que la suroffre dans certaines spécialités (en psychiatrie, radiologie ou ophtalmologie par exemple) n’accroît pas nécessairement la qualité des soins. Aux HUG, il prévoit pour l'avenir d’avoir davantage de médecins seniors engagés dans la recherche, l’enseignement et la formation, que de jeunes en formation.