Le Tribunal cantonal valaisan a acquitté la semaine dernière le patron d'un commerce de fruits en Valais, qui était accusé par une ancienne secrétaire de harcèlement sexuel (Le Temps du 27 janvier 2001). Le Tribunal cantonal a ainsi confirmé le jugement de première instance du Tribunal de Martigny, mais pour d'autres raisons, selon l'avocat de la plaignante, Me Olivier Couchepin. Si en première instance le doute avait profité à l'accusé, cette fois-ci, les faits qui auraient pu éventuellement être retenus, et qui relèvent d'une forme d'exhibitionnisme passible d'une contravention, sont à ce jour prescrits. «Nous réfléchissons s'il y a possibilité de faire recours au Tribunal fédéral», conclut le défenseur, qui a jusqu'au 14 mars pour le faire.

Du côté de la FTMH, qui avait soutenu la cause de la secrétaire, on précise qu'il faut analyser la situation juridique, mais que si la plaignante décide de continuer, le syndicat lui apportera son soutien. La situation est toutefois plus complexe, car la secrétaire est aujourd'hui sous le coup d'une contre-plainte pour atteinte à l'honneur, déposée par la personne acquittée. Son avocat, Me Léo Farquet, a d'ailleurs dénoncé avec virulence l'écho médiatique qu'a connu cette affaire: «Un entrepreneur dynamique, honorable père de famille, a été scandaleusement traîné dans la boue. […] Il y avait dans le compte rendu de cette affaire une inadmissible atteinte à la sphère privée de l'accusé et une évidente violation du principe d'innocence. De nombreux articles tenaient pour faits acquis les allégations de la plaignante, alors que les faits et arguments invoqués par la défense étaient réduits à une portion congrue.»

L'affaire ne semble toutefois pas terminée. Si, dorénavant, le procès de la dénonciatrice devait avoir lieu, il risque fort de révéler d'autres témoignages de victimes, qui à l'occasion de cette médiatisation se sont manifestées, notamment à travers la presse. «Dans cette histoire, estime un proche, il serait intéressant de voir comment une personne qui s'estime victime d'un harcèlement sexuel finit par se retrouver elle-même sur le banc des accusés pour avoir dénoncé de tels agissements.» Mais il reste qu'en la matière les agissements sont toujours difficiles à prouver: «Pour avoir gain de cause, il faudrait avoir finalement deux témoins et un photographe quand les faits ont lieu», constate, un peu amer, le défenseur de la plaignante.