Les élections d'octobre à la tête du Parti socialiste (PS) semblent devoir prendre un tour plébiscitaire. A deux mois du Congrès de Lugano, la messe paraît dite… faute de combattants. Des rumeurs persistantes annoncent en effet le retrait imminent de la course à la présidence de la Saint-Galloise Hildegard Fässler, ce qui laisserait le champ – complètement – libre à Christiane Brunner. Pour la vice-présidence, la liste des papables s'est réduite à deux noms – pour autant de postes à pourvoir – ceux du Schaffhousois Hans-Jürg Fehr et de la Zurichoise Christine Goll. Christiane Brunner semble être en train de constituer un véritable «ticket» pour la présidence avec ces derniers. Elle n'a en tout cas pas pris contact avec d'autres papables, comme la représentante de l'aile réformiste, Simonetta Sommaruga, ce qui aurait décidé cette dernière à renoncer à se présenter. «On ne postule pas à la vice-présidence du PS si l'on n'a pas l'impression d'avoir le soutien de la future présidente, surtout s'il s'agit de Christiane Brunner», explique une conseillère nationale alémanique.

«Ticket représentatif»

Simonetta Sommaruga a en tout cas confirmé mercredi à l'ATS qu'elle ne serait pas candidate au motif que «le ticket en lice représente tout à fait la base du parti». Le retrait probable d'Hildegard Fässler est lui lié aux difficultés qu'a éprouvées la Saint-Galloise à constituer un ticket propre. La vice-présidente du groupe socialiste a en effet besoin d'au moins un vice-président romand. Or tous les candidats potentiels approchés se sont désistés, n'osant pas se présenter contre l'icône Brunner. D'autant que les chances de succès sont très limitées.

Cette constellation nouvelle crée un certain malaise au sein du parti où l'on craint un étouffement du débat interne. La conseillère nationale bâloise Anita Fetz l'a exprimé dans une interview publiée mercredi par la Basler Zeitung où elle déplore que Christiane Brunner ne se soit pas exprimée jusqu'ici sur ses priorités politiques et que le triumvirat qui se dessine exclut tout représentant de l'aile réformiste. On devrait y voir plus clair ces quinze prochains jours. Hildegard Fässler, actuellement en vacances, a annoncé qu'elle prendrait une décision «début août». Quant à Christine Goll et Hans-Jürg Fehr, qui ne sont pas officiellement candidats, ils devront sortir du bois d'ici le 18 août, date limite du dépôt des candidatures.