«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première session parlementaire Regula Rytz 49 ans(Verts/BE)

Elle a le souci de la précision: dans son CV, Regula Rytz indique qu’elle vit avec son compagnon «dans un 3 pièces du quartier de Breitenrain». Présidente des Verts du canton de Berne de 2001 à 2005, elle a été onze ans au Grand Conseil et siège depuis 2005 à l’exécutif de la Ville, chargée de la Direction des travaux publics et des transports. «Mes premiers pas en politique, je les ai faits à Thoune en 1985-87, où j’ai été socialiste car il n’y avait pas encore de Parti écologiste. Je suis ensuite partie faire mes études d’histoire à Berne et ai cofondé le parti des Verts bernois.» Ses yeux noisette brillent.

Regula Rytz, qui a aussi été secrétaire centrale de l’Union syndicale suisse (USS), a tenu à parler en français durant tout l’entretien, même si elle s’empresse de dire qu’elle prendra des cours. Elle se débrouille pourtant très bien. Une manière de se mettre déjà dans le moule de future présidente du parti suisse, elle dont le nom est très souvent cité par ses pairs pour la fonction? «Cela pourrait m’intéresser», admet-elle. «Il faut que j’en parle avec ma section. Le dépôt des candidatures se fait jusqu’à fin janvier. Mais ce qui est sûr, c’est que je ne pourrai pas remplir une telle mission avant 2013 car je ne veux pas cumuler trois mandats. En plus d’être conseillère nationale, je reste conseillère municipale jusqu’aux élections d’hiver prochain.» Voilà qui est clair. Ueli Leuenberger doit pourtant être remplacé dès mai prochain. Ce qui impliquerait une solution transitoire.

Regula Rytz semble déjà très à l’aise au parlement: «J’ai une certaine expérience. Mon but n’est pas de pulvériser le record du nombre de motions déposées. Je n’interviendrai que quand c’est vraiment nécessaire, par exemple pour proposer des améliorations en matière de transports publics ou réguler les marchés financiers.» Elle siégera à la commission des finances, même si elle aurait préféré celle des transports. Des anecdotes? «Je vois en fait mon collègue socialiste Alexander Tschäppät, le maire de Berne, beaucoup plus souvent depuis que nous sommes les deux élus au National!» dit-elle en rigolant. «Ce qui nous permet de régler aussi des affaires de la Ville en coulisses.» Puis, celle qui a été maîtresse d’école et n’hésite pas à arborer deux boucles d’oreilles différentes mime l’ouverture de son pupitre. «On est quand même un peu à l’étroit ici! C’est comme à l’école: nous avons des piles de documents et juste un petit pupitre pour tout caser. Nous n’avons pas non plus d’endroit attitré pour nos effets personnels. Les petits casiers dans la salle des journaux? Tout juste assez grands pour y enfiler une brosse à dents!» Elle sourit, puis file suivre la suite du débat sur la sécurité routière.