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Environ 1500 fonctionnaires avaient protesté contre le projet d'assainissement de leurs retraites, en septembre 2012 à Genève. 
© MARTIAL TREZZINI

Genève

Le président de la caisse de retraite des fonctionnaires quittera sa fonction

Le directeur général des finances du canton préside également la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève. Des députés dénoncent un conflit d’intérêts. Le président du gouvernement annonce son départ prochain

Alors que la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) – malmenée par des pertes comptables – cherche par tous les moyens à s’assurer un taux de couverture de 80% en 2052 comme l’impose la législation fédérale, son président se serait peut-être bien passé de cette escarmouche. A l’Hôtel de ville, siège du gouvernement et de son parlement, plusieurs voix s’élèvent contre les mandats que l’intéressé cumule. Haut fonctionnaire, Pierre Béguet occupe simultanément la présidence du comité paritaire de la CPEG, au titre de représentant des employeurs (l’Etat de Genève) et la direction générale des finances du canton. Deux fonctions jugées peu compatibles, notamment par plusieurs membres de la Commission des finances, qui décèlent dans cette situation un conflit d’intérêts potentiel.

Un haut fonctionnaire sous pression

«Nous ne remettons pas en cause ses compétences, mais il est vrai que nous nous sommes plaints de cette situation auprès du Conseil d’Etat», commente prudemment le député UDC Patrick Lüssi. Une prudence qui s’explique par le secret de commission auquel les députés sont astreints mais aussi par la plainte contre X que la CPEG avait déposé le 11 mai 2016 suite à des fuites dans la presse. Il poursuit: «Par beau temps, cette situation ne serait pas embarrassante. Mais lorsque des décisions importantes doivent être prises, cela devient plus difficile». «Lorsqu’il s’exprime dans le cadre de nos travaux, nous ne savons pas s’il parle en tant que chef des finances ou en tant que président de l’organe de prévoyance», ajoute l’écologiste Emilie Flamand-Lew, concédant qu’il serait exagéré de parler de «conflit d’intérêts» mais plutôt de «situation ambiguë». D’autres élus sont beaucoup plus véhéments, estimant que les intérêts de la caisse de retraite et ceux du Conseil d’Etat divergent. «L’intérêt de la caisse de retraite des fonctionnaires, outre d’être saine, est d’obtenir les meilleures prestations à moindre coût pour ses assurés. Je ne suis pas certain que le gouvernement partage cet objectif», résume un député alors même qu’une nouvelle recapitalisation de la CPEG est probable. Un autre s’étonne des prises de positions publiques de Pierre Béguet, alors même que les commissaires sont tenus au silence sur leurs travaux.

A contrario, le président de la Commission des finances, le socialiste Roger Deneys, ne se dit pas «dérangé» par le double mandat de Pierre Béguet, rappelant le caractère paritaire des caisses de pension. «Ce qui me dérange plus, c’est la charge de travail qui pèse sur ses épaules», estime pour sa part le MCG François Baertschi. L’homme doit gérer de front deux chantiers aussi importants que les finances de l’Etat à l’orée d’une réforme fiscale majeure (RIE III) et l’assainissement de la première caisse de prévoyance du canton (69 000 assurés, 23 000 bénéficiaires).

«La situation est inconfortable»

Contacté, Pierre Béguet n’a pas répondu à la sollicitation du «Temps». En lieu et place, c’est le président du gouvernement genevois, le conseiller d’Etat François Longchamp, qui a pris la parole pour commenter la délicate situation. «Elle est effectivement inconfortable, reconnaît l’édile libéral-radical. Tant vis-à-vis des députés que pour l’intéressé. Mais il n’y a jamais eu de conflit d’intérêts ou d’incompatibilité au sens juridique du terme. Je tiens à préciser que la confiance du Conseil d’Etat à son endroit est totale.» Mais le magistrat annonce pourtant que Pierre Béguet quittera sa fonction au sein de la CPEG «durant le premier semestre 2017».

Demeure la question de la pertinence de nommer des hauts cadres à ce type de fonction. Pourquoi ne pas préférer des personnes externes, tels que des actuaires ou des avocats spécialistes de la LPP? «C’est un type de profil que nous privilégierons à l’avenir, répond François Longchamp. Mais nous maintiendrons aussi quelques cadres qui ont une connaissance du fonctionnement de l’Etat.»

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