La démission de Peter Hess (PDC/ZG) de ses fonctions dans deux conseils d'administration a mis en lumière la fonction traditionnellement assez discrète de président du Conseil national. Ce week-end, une autre nouvelle parue dans la presse dominicale est venue mettre de l'huile sur le feu: le même Peter Hess aurait été sollicité pour participer à un comité zougois pour la défense du canton dans la discussion sur la réforme de la péréquation financière. Même si l'intéressé affirme avoir – pour l'heure – décliné l'offre, la question du statut particulier du président reste posée. Les voix continuent d'ailleurs à s'élever pour demander la démission de Peter Hess, tandis que son parti réclame la fin de la «chasse aux sorcières». Futur président du Conseil national, Yves Christen (rad./VD) donne sa vision des devoirs particuliers liés à ce poste.

Le Temps: Quelles sont les obligations qui distinguent le rôle de président du National de celui des simples parlementaires?

Yves Christen: Il y a un devoir de réserve lié à cette fonction. Le rôle du président est de rallier l'ensemble des parlementaires et de désamorcer les éventuels conflits, afin que les débats se déroulent bien. Même s'il intervient dans les commissions, son rôle doit être de rassembler. La mission d'organiser les débats au Conseil national nécessite également une certaine neutralité, la mise en place de l'ordre du jour étant en soi une tâche éminemment politique. Prenez l'exemple de la session spéciale qui se tiendra en mai sur la question de l'AVS: décider de ne pas aborder cette question à Lugano, afin que le travail se fasse dans le calme et que le consensus soit plus facile à trouver, n'est pas anodin.

– En tant que président, renoncerez-vous par exemple à défendre votre canton durant cette année-là?

– Oui. Je pense que durant l'année passée à la présidence, il faut renoncer aux combats politiques, aux jeux d'influence. Le président du Conseil national doit se dévouer au parlement avant de défendre un parti.

– Au sujet des anciennes fonctions de Peter Hess au conseil d'administration de BAT, comprenez-vous ceux qui demandent sa démission?

– Aussi bien à gauche qu'à droite, personne ne remet l'intégrité de Peter Hess en question. Rien ne laisse penser qu'il était au courant des éventuelles responsabilités des entreprises en question dans la contrebande de cigarettes. Je pense que demander sa tête n'est pas utile: il est déjà bien assez malheureux. Cela dit, et même si c'est toujours plus facile à dire après, il y a derrière cette omission un manque de sens politique. Et la clarté des mandats reste une nécessité.