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Quand le président de l’EPFL Jean-Claude Badoux détaillait ses priorités

En 1997, à la tête de l’EPFL depuis 1992, Jean-Claude Badoux en détaillait ses priorités, son rôle et sa fonction. Plongée dans l’ère pré-Aebischer

Quand le président de l’EPFL Jean-Claude Badoux détaillait, en 1997, ses priorités

«Le président de l’EPFL, peu présent dans les médias»

«Le président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne est peu présent dans les médias. Pourtant, nul ne conteste à ce Vaudois, qui est un des seuls Romands présents dans le monde helvétique de la formation et de la recherche, une dimension nationale et internationale. Il explique ici quel est le rôle ambitieux qu’il assigne à son école, pour le pays et pour les jeunes générations.

LNQ: Jean-Claude Badoux, vous êtes président de l’EPFL depuis fin 1992. Une institution dont on dit dans les milieux concernés qu’elle exerce un grand rayonnement, mais qui est en fin de compte mal connue du public dans le terroir même où elle s’est développée. Et pourtant, au-delà de son rôle scientifique qu’elle exerce dans la recherche et l’enseignement, vous assignez des missions extrêmement ambitieuses à l’EPFL.

Jean-Claude Badoux: Effectivement, l’EPFL, au-delà de sa dimension scientifique, a des rôles extrêmement importants à jouer sur les plans culturel, social et politique. J’attache beaucoup d’importance à son rôle culturel. Il s’agit d’abord de jeter un pont entre le monde scientifique et la société. La société du XXe siècle, et bientôt du XXIe siècle, a une composante et scientifique et technique. Je n’arrive pas à concevoir une culture uniquement littéraire. C’est à nous d’enrichir la culture générale avec une dimension scientifique et technique […]

LNQ: Vous employez fréquemment, pour parler de votre école, le terme d’excellence. Où et comment doit-elle être excellente?

Jean-Claude Badoux: Dans le domaine scientifique et l’ingénierie, l’excellence est ce qui est reconnu, dans ce milieu, par le monde entier. Dans le domaine de la formation, ce qui donne à nos diplômés et docteurs les atouts qui leur permettront d’être reconnus au meilleur niveau dans le monde entier. Cela implique une grande exigence, le courage de porter des jugements, de choisir des priorités et de définir ce qui peut être sacrifié. Comme nous visons à des moyens constants, si nous voulons conserver cette excellence et éviter la médiocrité, nous devons nous concentrer sur des priorités.

Nous sommes, par ailleurs, l’université technique ou l’école polytechnique la plus internationale et la plus cosmopolite d’Europe. Aucune autre n’a autant de professeurs originaires d’autant de pays différents […] C’est un indice d’attractivité et potentiellement un élément d’excellence. Un autre élément d’excellence est notre compétitivité pour l’octroi de crédits européens, du Fonds national ou de la CTI.

LNQ: Où mettez-vous vos priorités?

Jean-Claude Badoux: Sur les sciences de l’ingénieur, où les exigences d’excellence sont aussi élevées que dans la recherche fondamentale. Nous avons le 28% des élèves des EPF, mais le 40% de ceux qui sont dans les branches liées à l’industrie, la mécanique, la microtechnique, l’électricité, les systèmes de communication et l’informatique. Nous sommes fiers d’être ingénieurs. C’est pour le moins aussi exigeant d’être dans le meilleur peloton du génie électrique que dans celui des mathématiques.

Ce qui est extrêmement important pour nous, c’est l’entrepreneurship. C’est-à-dire de déboucher sur l’industrie. Notre département de microtechnique en est le meilleur exemple. Il vivifie une multitude de petites sociétés. Il donne envie de prendre des risques […] »

« Si nous voulons conserver cette excellence et éviter la médiocrité, nous devons nous concentrer sur des priorités »

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