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Martin Vetterli devant le Learning Center de l'EPFL, 24 février 2016.
© CYRIL ZINGARO

Editorial

Président de l’EPFL, un métier politique

Rassurant, Martin Vetterli aura aussi pour mission de conserver une tradition de prise de parole publique au nom de l’EPFL. Il y a urgence. Notre éditorial

Changement d’homme, de style, d’époque. En janvier prochain, le discret Martin Vetterli remplacera le cyclone Patrick Aebischer à la tête de l’EPFL. Tournant la page de 16 années de valse à mille temps sur le campus – ou de folle gigue, pour respecter les origines irlandaises du patron sortant.

Jean-Claude Badoux avait amorcé le virage vers une gestion à l’américaine et la réflexion sur le campus. Patrick Aebischer est arrivé avec son appétit et a tout maximisé. Effectifs d’étudiants doublés, budget aussi, constructions à tout va; l’EPFL est sans doute la haute école européenne qui a vécu la plus grande mue en une grosse décennie.

Un futur président qui rassure

Avec son profil confédéral, Alémanique qui s’est épanoui en terres francophones après les Etats-Unis, Martin Vetterli représente un bon choix pour l’EPFL. En ces temps d’économies annoncées par le Conseil fédéral, au moment où le pilotage des hautes écoles va virer au souk dans une nouvelle grande conférence nationale, une crise à la tête de l’EPFL, comme à l’époque de l’arrivée de Patrick Aebischer, aurait été catastrophique. Le futur président rassure. Il dit vouloir serrer les rangs avec Zurich tout en conservant une bonne compétition, et dans ce cas, c’est la promesse d’un départ sain.

La parole publique, estampille de l’EPFL

Il devra aussi se faire entendre. Patrick Aebischer a excédé certains en s’exprimant sans cesse dans ces médias qu’il adore. Il a parfois été maladroit, souvent légitime. La parole du patron de l’EPFL est devenue une voix dans un paysage national où les responsables s’expriment peu. C’est presque une marque de fabrique de l’EPF de Lausanne: contrairement à Zurich, en raison peut-être de sa nature de petite sœur remuante, l’EPFL cause. Fort. Aujourd’hui, l’austérité prévue dans les finances, la tension croissante avec l’UE qui plonge les scientifiques dans une sinistre hébétude, l’attitude gélatineuse de Johann Schneider Amman et ses services en chantres de la subsidiarité, constituent autant de facteurs qui appellent à des prises de positions posées mais fermes des directeurs des universités.

A l’échelle de l’espace romand, Martin Vetterli arrivera à un moment presque historique. Les rectorats des universités de Fribourg et Genève ont récemment changé, ceux de Lausanne et Neuchâtel vont être renouvelés. Changement d’époque, vraiment.

Lire également: A l’EPFL, les trois grands chantiers de Martin Vetterli

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