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Pierre Maudet et Nathalie Fontanet, le 6 mai, jour du second tour des élections cantonales.
© Martial Trezzini

Genève

Le président Maudet présente un gouvernement en quête d’équilibre

Les critiques n’ont pas fait hésiter le Conseil d’Etat, qui a élu le PLR à sa tête. Un nouveau département regroupe toute l’action sociale. Serge Dal Busco quitte les finances pour assumer le domaine des transports, fatal à Luc Barthassat

«Cohérence», «souci d’équilibre», «vie politique apaisée», «nouvelle dynamique», «législature pacifiée». Pour présenter la réorganisation du Conseil d’Etat, Pierre Maudet, qui présidera le collège dès sa prestation de serment, le 31 mai à 17h, a renoué avec le registre sémantique qui avait cours au lendemain des élections cantonales par lesquelles le peuple genevois a rééquilibré l’exécutif et le législatif. C’était avant la folle semaine durant laquelle les interrogations autour de son voyage à Abu Dhabi, fin 2015, se sont multipliées.

S’il devient président, le PLR garde son Département de la sécurité, délesté de l’économie. Où cette dernière se retrouve-t-elle? «Partout», répond Pierre Maudet. Surtout sous sa propre responsabilité. L’aéroport, Palexpo et les Ports francs, soit les seules institutions qui font entrer de l’argent dans la République, dépendent du département présidentiel. Idem pour Genève Tourisme et la Direction de la recherche et de l’innovation, soit deux piliers sur lesquels l’actuel ministre de l’Economie tente de hisser la Genève du futur.

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Un nouveau département pour un nouvel entrant

L’Office cantonal de l’inspection du travail (OCIRT), gros morceau de l’ancien Département de l’économie, revient à Mauro Poggia. C’est une prise importante pour le MCG, par ailleurs dépouillé de la Direction générale de l’aide sociale, de l’Hospice général et des Etablissements publics pour l’intégration, qui vont tous dans le Département de la cohésion sociale, créé exprès pour le nouvel entrant socialiste, Thierry Apothéloz. Dans ce dicastère, qui reflète bien les aspirations du Verniolan, on retrouve également l’Office cantonal de la culture et du sport, qui quitte l’ancien Département de l’instruction publique.

Mauro Poggia résume: «Le temps des individualités est révolu, il faut désormais travailler avec une synergie commune. Il fallait que Thierry Apothéloz ait un département. Il y avait un peu de gras à perdre, mon département était tout désigné. Cela doit être donnant-donnant. Je gagne l’OCIRT, qui est très intéressant puisqu’il s’agit de travail au noir et de sous-enchère salariale.»

Le parcours d'un magistrat dans les crises: Pierre Maudet, le retour de bâton

Révolution des transports

Les «transports» disparaissent de l’organigramme officiel sous cette appellation. Serge Dal Busco quitte les Finances pour diriger le Département des infrastructures. «Dans nos discussions, nous avons rapidement considéré qu’il fallait créer un pôle fort par rapport aux investissements nécessaires», a souligné Pierre Maudet. C’est donc Serge Dal Busco qui prend la suite de son camarade de parti, Luc Barthassat, qui n’a pas été réélu. Ce dicastère est épuré de tous les aspects liés à l’environnement et à l’agriculture.

«Je suis très heureux, dit l’ingénieur de formation. La mobilité est un dossier fascinant. Genève est à la veille d’une révolution des transports. C’est un défi extraordinaire à relever.» Dans son actuelle fonction, le PDC a passé beaucoup de temps à Berne, où la solution qu’il prônait pour la réforme de l’imposition des entreprises a finalement prévalu. «Je continuerai à fréquenter assidûment la Ville fédérale, a dit Serge Dal Busco. C’est essentiel pour tout ce qui concerne le financement des transports.»

Nathalie Fontanet hérite du Département des finances, agrémenté des ressources humaines. C’est la PLR qui devra donc ficeler des dossiers déterminants: réforme de l’imposition des entreprises, celle de la rémunération de la fonction publique et de ses retraites. La socialiste Anne Emery-Torracinta préside désormais le Département de la formation et de la jeunesse et le Vert Antonio Hodgers le Département du territoire. «Il récupère l’agriculture et l’environnement, et surtout ces deux politiques restent associées, ce qui est crucial pour nous», dit son président de parti, Nicolas Walder. Ce dernier, qui avait été critique envers Pierre Maudet au sujet du voyage aux Emirats, répète qu’il «sera difficile pour lui de se laver de tout soupçon» et qu’il «l’invite d’autant plus à communiquer en toute transparence».

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Travailler ensemble

Alexandre de Senarclens, président du PLR, se réjouit que les deux magistrats maison récupèrent «deux beaux départements»: «Je souhaite désormais que le Conseil d’Etat se montre responsable. Que chaque magistrat prenne ses responsabilités auprès de son groupe politique afin que soient votés les dossiers importants comme la réforme de la grille salariale à l’Etat ou celle de l’imposition des entreprises.»

Pour Bertrand Buchs, président du PDC, «il est à présent crucial que le Conseil d’Etat pratique une politique réellement transversale». «C’est aux magistrats élus de démontrer qu’ils sont capables de travailler en commun. Serge Dal Busco ne pourra par exemple rien sans la collaboration d’Antonio Hodgers, responsable de l’aménagement.»

Quatre séances ont été nécessaires pour parvenir à cette répartition. Certaines décisions, contestées, ont été soumises à un vote.

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