Les jours de Gerold Bührer à la présidence du Parti radical suisse sont désormais comptés. Le Schaffhousois va devoir choisir entre ses responsabilités économiques au conseil d'administration de la Rentenanstalt et ses responsabilités politiques, mais sa marge de manœuvre est d'ores et déjà des plus étroites. Chacun est frappé par la vertigineuse accélération des événements. Samedi dernier encore, Gerold Bührer se trouvait certes dans une position délicate mais personne n'aurait songé à évoquer la perspective de son départ. Aujourd'hui, il lui reste vingt-quatre ou quarante-huit heures – les sources divergent – pour se déterminer.

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Gerold Bührer peut encore compter sur un carré de partisans dans les rangs radicaux, qui souhaitent qu'il abandonne le conseil d'administration de la Rentenanstalt plutôt que la présidence du parti. Mais cette solution de résiste guère à l'analyse. Il donnerait l'impression d'abandonner une entreprise en butte à l'adversité sans beaucoup améliorer son image politique. C'est semble-t-il l'analyse de la direction du parti, qui siège en cellule de crise sans désemparer depuis lundi. C'est celle du Parti radical zurichois. A moins qu'on ne trouve aucun moyen d'y jouer son rôle efficacement, on ne quitte pas la tête d'une entreprise en difficulté, affirme son président, Markus Hess. Qui ajoute aussitôt que «Gerold Bührer est un excellent administrateur, un fin connaisseur du monde de la finance». On peut comprendre ainsi qu'il le juge plus utile à la Rentenanstalt qu'au Parti radical.

Les Zurichois sont les tout premiers concernés, dans la perspective des élections au Conseil d'Etat et au Grand Conseil au tout début du mois d'avril. Pour un parti cantonal en période électorale, Gerold Bührer est devenu un boulet. Déjà plombé par les précédentes péripéties de la Rentenanstalt, il a été achevé par les dernières révélations sur la société LTS, qui a permis de juteuses opérations aux dirigeants du groupe. Toutes les décisions qu'il pourra prendre arriveront trop tard pour sauver l'image de Gerold Bührer; le conseil d'administration donnera l'impression d'avoir cautionné des dirigeants rapaces et parasites. Le coup de gueule de Pascal Couchepin n'a fait que ponctuer une évolution de l'opinion qui ne supporte plus l'image de dirigeants quittant avec de substantielles indemnités l'entreprise qu'ils ont eux-mêmes mise en difficulté. A une année des élections fédérales, de tels comportements risquent d'être fatals.