«Je ne veux en tirer aucun triomphalisme politique.» Alors que la chambre pénale du Tribunal cantonal vient ni plus ni moins de laver l’estime du président de Sion en confirmant le refus de donner suite prononcé par le juge d’instruction dans l’affaire de la vente des terrains de la Municipalité, Marcel Maurer ne cède pas à la solennité. Une retenue probablement un peu forcée au moment où les conséquences politiques à tirer de cet épisode lui seraient plutôt favorables.

Pour rappel, une dénonciation de la part de plusieurs chefs de services de la Ville avait abouti à une enquête préliminaire contre le président. On le soupçonnait d’abus d’autorité dans le cadre d’une procédure de vente de terrains de la Ville dans laquelle son beau-père était partie prenante. Suite à plusieurs auditions, le juge Jean-Pierre Greter avait prononcé un refus de donner suite. Qui n’avait en rien satisfait ni le procureur général Jean-Pierre Gross, encore moins quatre Conseillers communaux (exécutif) démocrates-chrétiens.

Tous avaient déposé un recours contre la décision du juge. Le premier a été refusé, communique le Tribunal cantonal qui n’a constaté au dossier aucun abus d’autorité ni acte d’ordre ou de contrainte encore moins de lésion ou risque de lésion pour la collectivité. Le second, rapidement considéré, sur le plan politique, comme un tir groupé de la famille PDC contre le nouveau président libéral-radical ayant mis fin, en octobre 2008, à 160 ans de règne démocrate-chrétien dans la capitale, a été jugé irrecevable. Les membres de l’exécutif n’ont en effet pas qualité de lésés dans l’affaire.

Un autre président, celui du parti libéral-radical cantonal, Georges Tavernier, ne se prive pas, lui, de tirer quelques leçons politiques de l’incident: «La confiance au Conseil communal et avec les chefs de service a sérieusement été mise à mal par cet épisode. Ce sera à Marcel Maurer et à l’exécutif de prendre les sanctions qui s’imposent.» Sur le fond, «l’intégrité du président de Sion est sauve, ce dont je n’ai d’ailleurs jamais douté et par cette décision, les conseillers communaux en question sont remis à leur place. On leur impute en plus une partie des frais de justice. Je crois que Monsieur Maurer en ressort plus fort encore...»

En Ville de Sion, outre les longues tergiversations sur les pavés du Grand-Pont s’agissant de l’ambiance de travail à la Municipalité, on s’interroge déjà sur les probables séquelles que la désormais close «affaire Maurer» pourrait laisser dans les rangs du PDC encore majoritaire. «Les élus sont élus jusqu’à la fin de la législature», se contente de commenter le président. Comment les électeurs apprécieront-ils, a posteriori, le pétard qui lui a été infligé par les élus démocrates-chrétiens, sachant désormais qu’il était mouillé? Réponse peut-être aux prochaines élections.