Le président turc Recep Tayyip Erdogan exige de la Suisse qu'elle l'aide à poursuivre ses détracteurs, relate l’hebdomadaire «Sonntagszeitung». En Turquie, le chef d'Etat n'a pas cessé de resserrer son étau sur ceux - journalistes, écrivains, enseignants ou scientifiques -  qui se montrent critiques à son égard. Le président part à la chasse aux opposants hors des frontières turques également, jusqu'en Suisse: Ankara a fait parvenir «une demi-douzaine» de demandes d'entraide juridique à Berne, a confirmé au «Sonntagszeitung» un porte-parole de l'Office de la justice.

La Turquie attend de la Suisse qu'elle l'aide à interroger plusieurs individus accusés d'injure à son président et à récolter des preuves contre eux, notamment pour des propos tenus sur Facebook, indique encore l’hebdomadaire. Berne n'a pas encore décidé de la réponse à donner à ces requêtes. Pour que les autorités suisses puissent agir, l'atteinte doit également représenter un délit en Suisse. L’article 296 du code pénal prévoit bien, pour «celui qui, publiquement, aura outragé un Etat étranger dans la personne de son chef», des peines allant de l’amende à trois ans de prison au plus. Or les autorités suisses peuvent refuser d'accorder l'entraide en cas de demande politiquement motivée - si elles considèrent par exemple qu’il s’agit d’une tentative d’intimidation ou de musellement de la part du pouvoir turc.

Depuis le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2015, la purge s’est accélérée en Turquie: plus de 41'000 personnes ont été arrêtées et 100'000 militaires, professeurs, policiers ou magistrats ont été limogés ou suspendus. Les foudres des autorités s’abattent en particulier sur les sympathisants de l’imam turc Fethullah Gülen. 

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Stratégies cantonales face à la RIE III

Alors que la campagne pour la RIE III bat son plein, tous les cantons n'ont pas encore abattu leur cartes, raconte l'hebdomadaire Schweiz am Sonntag. Neuf cantons - parmi lesquels le Jura, l'Argovie, Lucerne, Obwald, Nidwald, Glaris et les deux Appenzell - ne donnent aucune indication sur leurs intentions en cas d'approbation de la troisième réforme de l'imposition des entreprises, rapporte le dominical, qui s'appuie sur une liste de l'Administration fédérale des contributions. Dix-sept cantons, dont Genève, Vaud ou Zurich, ont quant à eux d'ores et déjà annoncé leur stratégie. Tous prévoient de réduire les taux d'imposition des bénéfices. Les nouveaux taux envisagés iraient de 12-13% pour les cantons de Zoug, Schaffhouse, Soleure ou Schwytz, à 18% du côté de Zurich. 

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Les effets de cette réforme inquiètent certains ministres de l'éducation, qui redoutent des coupes dans leur secteur. Comme l'UDC valaisan Oskar Freysinger, qui évoque dans Le Matin dimanche les effets de la RIE III ou la fin des redevances hydrauliques comme «de grosses inconnues à plusieurs millions qui pourraient grever le budget». A la fin de cette année, les budgets alloués aux écoles seront amputés de plus d'un milliard de francs, selon les estimations du conseiller national (PS/VS) Mathias Reynard dans le même article.

Explosion en vue dans les soins 

Le SonntagsZeitung spécule sur l'avenir de l'Etat social: d'ici 2030, il faudra créer quelque 134 000 places de travail supplémentaires pour faire face aux besoins d'une population vieillissante, affirme le dominical en se basant sur des chiffres non publiés de l'Office fédéral des assurances sociales. Les maisons de retraites et les institutions pour handicapés figurent parmi les plus concernées par la pénurie annoncée. Plusieurs pistes sont proposées: engager des migrants, réduire la bureaucratie, voire faire appel à des robots.

CNN compte lancer en Suisse une chaîne nationale en anglais, relate la NZZ am Sonntag. Avec deux rédactions, à Zurich et à Genève, CNN Money Switzerland se consacrera à l'information financière et économique pour un public estimé à 3,5 millions de personnes. «La forte concentration de multinationales, d’organisations internationales, de hautes écoles et de sièges sportifs» font de la Suisse «un terreau idéal pour ce type de média», explique Christophe Rasch, patron de MediaGo, au «Matin Dimanche». 

Drones: les polices contre-attaquent

Les corps de police de Suisse sont prêts pour la bataille de l'air, affirme Schweiz am Sonntag: une stratégie se prépare pour contrer l'essor des petits robots volants. Elle a fait l'objet de discussions d'un groupe de travail de la Conférence des commandants des polices cantonales, qui doit présenter des solutions dans un rapport au cours de cette année. La police grisonne est déjà passée à l'action: sur une photo de l'agence Bloomberg, on voit un agent revêtu d'une combinaison blanche, un brouilleur dans les mains. Ce type d'appareil permet de bloquer le signal d'un drone sur près de 200 kilomètres de distance, afin d'éviter, par exemple, que les objets volants indésirables ne prennent des photos... de policiers.

Enfin, un sujet saignant en Une du SonntagsBlick: les bouchers qui enfreignent les règles d'étiquetage doivent être dénoncés. C'est le cri de colère de l'Union professionnelle suisse de la viande, qui se plaint de voir l'ensemble de la profession décrédibilisée par une poignée de fraudeurs.