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Les promoteurs du projet Republik, Susanne Sugimoto, Christof Moser, Clara Vuillemin et Constantin Seibt, au Kulturzentrum Progr de Berne, avril 2017.
© ALESSANDRO DELLA VALLE

Journalisme

La presse alémanique tente de se réinventer

Participation des lecteurs, divertissement, politisation: zoom sur trois titres alémaniques qui ont marqué le paysage au cours des dernières années

Ces jours à Couthures, dans le sud-ouest de la France, se tiennent le Festival du journalisme vivant. L’événement, dont Le Temps est partenaire, comprend de nombreux «Ateliers de Couthures» dans lesquels se discute l’avenir du journalisme, les grands enjeux des médias.

Nos articles à ce propos:

En Suisse alémanique, la presse ne connaît pas que des mauvaises nouvelles, mais aussi de nouveaux projets. Comme Republik, dernier-né côté de Zurich. Ses fondateurs, les journalistes Christof Moser et Constantin Seibt, entourés d’une équipe de spécialistes en communication et en technologie de l’information, ambitionnent de trouver un nouveau modèle économique pour le journalisme, hors des grands groupes de presse. Republik est organisé sous forme de coopérative, ce qui signifie que le lecteur, en s’abonnant, acquiert une petite part de l’organisation et devient éditeur. A ce titre, il sera informé de l’évolution du titre et appelé à donner son avis, promet la rédaction.

Le fonctionnement des cinq premières années est assuré par un financement de 7 millions venant d’une vingtaine de mécènes – parmi eux, les frères Meili ou l’entreprise immobilière saint-galloise Mettiss AG. A l’avenir, Republik souhaite créer un centre de formation au journalisme, ainsi qu’une plateforme de débat et d’événements. Le nouveau pure-player (media dont le contenu se trouve uniquement en ligne) a passé son premier test de viabilité haut la main: 13 845 personnes ont participé au financement participatif lancé au printemps, qui a rapporté plus de 3,4 millions. Dès son lancement en 2018, il se heurtera au même défi que tout autre média fonctionnant sans publicité: convaincre suffisamment de lecteurs pour survivre. Pour son avenir à long terme, Republik espère pouvoir compter sur la fidélité de 22 000 abonnés.

Watson et l’infotainment

En refusant la publicité et les «articles à clics», Republik se distingue d’un autre pure-player zurichois: Watson. Lancé en 2014, le portail d’information en mains du groupe argovien AZ Medien, est parti de zéro pour atteindre 1,2 et 1,3 millions de clients uniques par mois. Son ambition: raconter l’information sous d’autres formes que les médias traditionnels, plus adaptées aux lecteurs jeunes, rivés à leurs écrans de smartphone. A côté de sujets politiques et économiques, le site offre une large place à l’infotainment, mélange entre information et divertissement sur le mode du site américain Buzzfeed (quizz, photos, vidéos, tests de la rédaction et «listicles», articles sous forme de liste, par exemple: «les dix raisons pour lesquelles Donald Trump est si mauvais»).

Watson n’hésite pas à faire usage du «native advertising», c’est-à-dire proposer du contenu journalistique dans le but d’attirer l’attention du consommateur sur un produit. Une forme de publicité souvent mal perçue par les lecteurs et les journalistes, car elle risque de semer la confusion. Le rédacteur en chef, Marius Egger, assure que l’indépendance est garantie: «Le client choisit un thème et la rédaction réfléchit à un traitement journalistique, sans connaître le nom de l’annonceur derrière la commande». Toutefois, l’avenir est incertain pour le «pure-player», qui emploie environ 35 journalistes, mais ne fait pas de bénéfice. En 2016, le CEO d’AZ Medien Axel Wüstmann lui donnait encore trois ans pour grandir.

La tapageuse Weltwoche

Pour se distinguer de la concurrence, l’hebdomadaire zurichois Die Weltwoche a opté pour la politisation et connu une mue radicale sous la houlette de Roger Köppel, qui a repris le titre en 2001, quatorze ans avant de devenir conseiller national UDC. Titres provocateurs, positions à contre-courant: l’objectif est de se démarquer des médias «mainstream». Résultat: un alignement sur les positions de droite conservatrice du parti de Christoph Blocher. Ce qui n’épargne pas l’érosion au magazine, qui a vu son tirage passer de plus de 80 000 exemplaires il y a dix ans à moins de 62 000 actuellement.

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