Ces dernières semaines, plusieurs titres romands ont été la cible d’attaques plus ou moins virulentes à la suite de la publication de contenus jugés problématiques. Après la vidéo de l’humoriste Claude-Inga Barbey, accusée de véhiculer une idéologie transphobe dans Le Temps, c’est un courrier de lecteur publié dans La Liberté qui a suscité une levée de boucliers. Sa lettre aux «jeunes filles en fleurs» contribuant, aux yeux de certains, à banaliser la culture du viol.

Outre l’avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux, des manifestants se sont rendus dans les locaux des rédactions pour faire entendre leur indignation. Dans le cas de La Liberté, deux voitures de fonction ont également été vandalisées, taguées avec les mots «violeur» et «collabo du viol». Des actes revendiqués par un collectif féministe qui a évoqué d’éventuelles «autres méthodes, plus radicales». Le journal a porté plainte pour diffamation, injures et dommages à la propriété. Que traduisent ces réactions? Certains y voient l’émergence de nouvelles sensibilités au sein de la société, dont les médias doivent tenir compte. Pour d’autres, il s’agit de dangereuses tentatives d’intimidation visant l’autocensure.