La décision de la Commission de la concurrence (Comco) «est une bonne surprise dans un système économique qui pousse plutôt à la fusion qu’au partage», écrit vendredi l’éditorialiste du «Quotidien jurassien». A plusieurs petits opérateurs, «la concurrence est plus vive et les intérêts des consommateurs sont davantage préservés».

La Comco «montre désormais les dents», jugent «24 Heures» et la «Tribune de Genève». «Il faut sans doute voir dans cette pugnacité l’effet de la crise financière et économique», poursuit l’éditorialiste qui rappelle que la Comco a récemment infligé une amende de 300 millions de francs à Swisscom, une décision toutefois cassée par le Tribunal administratif fédéral.

«Hourra! La Comco a osé interdire une fusion!», ironisent les journaux neuchâtelois «L’Express» et «L’Impartial», qui soulignent son manque d’audace dans d’autres cas qui lui étaient soumis. Mais cette décision «pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes», estiment ces quotidiens. Car une fusion «aurait permis de mettre sur pied une véritable alternative à l’opérateur historique» Swisscom.

Un avis partagé Outre-Sarine par le «Tagesanzeiger»: «Interdire la fusion affaiblit les petits opérateurs et renforce Swisscom» et ne conduit pas à une baisse des tarifs. Une fusion aurait en revanche souligné les problèmes dans le marché suisse et augmenté la chance «que la politique entreprenne enfin quelque chose contre les lacunes dans le système», écrit le journal zurichois.

La «Neue zürcher Zeitung» critique aussi la décision de la Comco. On sait trop peu de chose sur les prochains développements du marché des télécoms en Suisse pour pouvoir déjà dire «non» au duopole, écrit le quotidien. «Et si ce non devait signaler aux investisseurs étrangers que le marché suisse est fermé, cette démarche deviendrait vraiment fatale».