Les hautes écoles spécialisées (HES) font figure de bonnes élèves pour la réforme des plans d'études, mais elles restent encombrées par trop de sites et de filières. C'est l'avis de la Commission fédérale des HES, qui maintient une forte pression sur ces écoles.

Les sept HES publiques du pays comptent 49 000 étudiants, soit plus de la moitié de l'effectif des dix universités. Les jeunes y entrent en général avec une maturité professionnelle obtenue durant l'apprentissage. Elles offrent des formations en gestion, technique et ingénierie, arts appliqués, santé et action sociale. Ces écoles ont intégré la réforme dite de Bologne, avec ses nouveaux titres de bachelor (3 ans) et master (2 ans). Dès la prochaine rentrée, la quasi-totalité des cursus démarreront en voie bachelor. Les masters commenceront en 2008, il devrait y en avoir une vingtaine. Les autorités tiennent en effet à continuer la rationalisation des filières des HES, qui sont chacune constituées de réseaux d'écoles. Selon Stephan Bieri, les HES souffrent encore d'un «attachement excessif à certains lieux de formation et à certaines structures» – autrement dit, elles doivent concentrer encore plus les filières et les sites d'enseignement. La commission leur reproche en outre de vouloir «maximiser les effectifs», notamment par un «élargissement excessif de la palette d'offre».

Développer les réseaux

Ainsi, la commission se prononce pour une mise en réseau plus marquée dans trois domaines. La construction et l'architecture reposeraient sur trois pôles à l'échelle nationale, la chimie et les sciences de la vie devraient être reliées et négocier des partages de tâches avec les universités et les EPF, tandis que le design formerait un seul réseau national.

Le poids des instances fédérales se fait aussi sentir sur les programmes. 141 ont été évalués, ce qui a fait apparaître de nombreuses carences, notamment sur les partenariats avec des écoles à l'étranger ou dans le domaine de la recherche. Ces analyses «ne sont pas des contrôles», dit leur responsable, Dieter Euler, professeur à Saint-Gall. Membre de la commission, Madeleine Salzmann relève qu'elles servent tout de même à «harmoniser» les plans d'études.

A propos d'un transfert du pilotage des HES au Département de l'intérieur, Stephan Bieri juge que «la commission n'a pas à se prononcer, cela relève du Conseil fédéral». Il estime cependant que, à terme, «une harmonisation des règles entre toutes les hautes écoles sera nécessaire», tout en soulignant le caractère propre des HES proches de l'économie.