La position du président du Conseil national Peter Hess (PDC/ZG) devient de plus en plus inconfortable. Plusieurs politiciens ont demandé sa démission ce week-end, y compris dans le camp bourgeois. Ainsi le président de l'UDC bernoise, Hermann Weyeneth, estime-t-il que Peter Hess doit partir «aujourd'hui plutôt que demain», comme il l'a déclaré au SonntagsBlick. Le caractère «douteux», selon lui, des mandats exercés par l'influent politicien zougois est toujours au centre du débat. Le poste le plus discuté est celui d'administrateur de la multinationale du tabac BAT: Peter Hess avait préféré l'oublier lors de la déclaration, en 1999, de ses intérêts privés au parlement.

Liens étroits

La polémique ne risque pas de s'atténuer, car BAT fait l'objet de plusieurs enquêtes portant sur ses relations avec les trafiquants de cigarettes. La société anglo-américaine aurait ainsi entretenu des liens étroits avec le Croate Secko K., qui réside en Suisse. La multinationale vendait pour des millions de dollars de cigarettes aux sociétés du contrebandier, notamment la chypriote Dulwich Enterprises. Ses directeurs auraient aussi eu des contacts personnels réguliers avec K. et l'un d'entre eux s'est rendu au Monténégro, principal centre du trafic de cigarettes en Europe, pour un «voyage d'affaires».

Peter Hess a déclaré qu'il ignorait tout de ce genre d'activités, tout en admettant avoir commis une faute en ne déclarant pas ce mandat. Pour l'heure, le président du Conseil national ne semble pas avoir l'intention de démissionner, en dépit des critiques émises à son encontre par d'autres parlementaires, notamment socialistes. Vendredi, au cours d'une conférence de presse, le politicien est apparu très nerveux et n'a pas souhaité s'exprimer sur «l'affaire des mandats».