A l'usure. Voilà comment l'UDC genevoise entend se faire une place aux côtés de la vénérable Entente bourgeoise. Et pour faire grimper la pression, la droite dure a mis le PDC, les radicaux et les libéraux devant le fait accompli en lançant en juin un candidat à l'élection du Conseil d'Etat d'automne 2009. C'est Yves Nidegger, l'élu qui s'est souvent élevé contre les doubles mandats. Mais qui sait faire preuve de souplesse quand il s'agit de son propre cas, au point de siéger depuis des mois à la fois au Grand Conseil et au Conseil national.

Alors, à plus d'un an de l'échéance électorale, l'Entente est obligée se poser à nouveau la question qui tue: faut-il ou non s'allier avec l'UDC? Un éternel dilemme, qui a presque toujours pesé sur les élections depuis l'installation de la formation au Grand Conseil, en 2001. La récente brillante réélection du procureur général radical Daniel Zappelli, appuyé par l'UDC, a donné un argument de négociation à cette dernière.

Le choc des affiches

Yves Nidegger l'a martelé: «Sans accord avec l'Entente, nous présenterons un candidat à chaque scrutin majoritaire.» Quitte à faire le jeu de la gauche. Lui-même a déjà été candidat malheureux au Conseil d'Etat en 2005, l'année où la droite a perdu la majorité. Puis en 2007, lors de l'élection de l'exécutif de la Ville de Genève, où la droite a encore perdu des plumes. Il a fini par être élu en octobre 2007 au Conseil national, ce qui lui donne des ailes pour se lancer dans la course cantonale de 2009. Mais de là à ce que l'Entente l'accueille à bras ouverts...

Les radicaux ont posé des conditions peu acceptables pour l'UDC: soutien aux accords bilatéraux avec l'Union européenne, au dialogue social et garanties exigées sur les messages au cours des campagnes. Chez les PDC, l'assemblée des délégués a tranché le 25 juin contre une alliance avec l'UDC. «On ne peut pas oublier les affiches sur les pacsés», souligne l'élu Guy Mettan. Quant aux libéraux, ils restent flous. Mais quelques voix, comme celle d'Ivan Slatkine, ont décidé de forcer le débat.